Les principaux indices de Wall Street creusaient leurs pertes jeudi à l'approche de la clôture, emportés par la forte incertitude régnant autour des conséquences économiques de la propagation de l'épidémie de Covid-19 dans le monde.

Le Dow Jones Industrial Average lâchait vers 20H35 GMT 3,70% à 26.088,27 points après avoir perdu un peu plus tôt jusqu'à 4,2%.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, reculait de 3,23% à 8.726,99 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de New York, de 3,74% à 3.013,15 points.

Les compagnies aériennes étaient particulièrement affectées alors que l'Association internationale du transport aérien (Iata) a estimé que la propagation de l'épidémie de Covid-19 pourrait coûter jusqu'à 113 milliards de dollars au secteur du transport aérien en 2020.

United Airlines, qui a annoncé mercredi un gel des embauches et le report des augmentations prévues de salaires pour répondre à la forte réduction de ses vols internationaux, chutait de 10,58%. American Airlines s'effondrait de 11,71%, JetBlue de 10,01% et Delta de 6,56%.

"Gérer l'incertitude est compliqué"

Signe de la ruée des investisseurs vers les actifs jugés moins risqués, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor américains continuait à dégringoler et évoluait à 0,922% contre 1,052% la veille à la clôture.

"Les marchés savent gérer les mauvaises nouvelles car ils peuvent les quantifier", remarque Quincy Krosby de Prudential. "Gérer l'incertitude est beaucoup plus compliqué", ajoute-t-elle.

Or avec l'épidémie du nouveau coronavirus, l'incertitude concerne à la fois l'ampleur de sa propagation dans le monde et ses conséquences sur l'économie et les entreprises, remarque la spécialiste.

"Les entreprises ne sont pour l'instant pas trop entrées dans les détails si ce n'est de dire que l'épidémie avait perturbé leur chaînes d'approvisionnement et allait affecter leur activité", souligne-t-elle.

Si l'épidémie s'étend encore beaucoup "la question sera de savoir si elles commencent à licencier du personnel", et ensuite "quel en sera l'impact sur les dépenses de consommation, sachant que ces dernières représentent aux Etats-Unis 68% du PIB", ajoute Mme Krosby.