"Si la Belgique joue, je regarderai": les étudiants face au boycott de la Coupe du monde au Qatar

Ce dimanche 20 novembre commence la Coupe du monde de foot au Qatar. Cette dernière fait l’objet de nombreuses controverses.

Contribution externe
<p>Des visiteurs photographient le logo de la Coupe du monde de la Fifa au Qatar à Doha, le 30 octobre 2022</p>
<p>Des visiteurs photographient le logo de la Coupe du monde de la Fifa au Qatar à Doha, le 30 octobre 2022</p> ©AFP

Une contribution d’Antoine Smit, membre de l’Etincelle, un kot-à-projet néo-louvaniste centré sur le journalisme dont La Libre Etudiant est partenaire.

Non-respect des droits de l’Homme, corruption, problèmes environnementaux, non-respect des droits des femmes et des homosexuels, ce ne sont pas les problématiques qui manquent pour désigner cette Coupe du monde comme l’une des moins éthiques depuis la création du championnat.

C’est dans ce cadre que de nombreuses villes, organisations et même joueurs de la Coupe décident d’annoncer leur boycott de la Coupe du monde, en refusant d’installer des écrans géants dans leur ville en signe de protestation. C’est d’ailleurs le cas de plusieurs villes en Belgique, notamment dans la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. Et si de nombreuses organisations étudiantes ont également signifié leur intention de boycotter le championnat, qu’en est-il des étudiants eux-mêmes ? Coup de sonde auprès des étudiants louvanistes.

"J’y suis carrément hostile"

D’un côté, les étudiants qui n’étaient pas intéressés de base par la Coupe du monde le disent de but en blanc, ils ne la regarderont pas : “Déjà que de base je ne regardais la Coupe que pour l’ambiance et la fête et que je ne suis pas particulièrement pour, dans les conditions actuelles j’y suis carrément hostile”, nous explique Martin. “Personnellement, j’irais probablement faire la fête avec mes amis dans l’un des bars qui refusent de diffuser la Coupe du Monde, mais hors de question de la regarder”, rajoute Laura, qui n’est également pas une fan de foot.

"Ce qui est fait est fait"

Mais la réponse des étudiants est loin d’être unanime. Ainsi, Georges explique, d’un air embêté, que “même si je ne suis pas du tout d’accord avec ce qui se passe au Qatar, si la Belgique joue ou que c’est la finale, je regarderai”. Et Corentin de renchérir en me disant que “ce qui est fait est fait, oui c’est horrible ce qui s’est passé [durant la construction] mais ce n’est pas en le boycottant que je risque de faire bouger quoi que ce soit, alors autant la regarder”.

Il semble donc que les avis sur la question soient beaucoup plus mitigés que ce que ne laisse paraître les annonces officielles des villes, universités et organisations étudiantes. Pour les étudiants à qui le boycott ne coûte que la fête et l’ambiance qui l’accompagne, le choix est vite fait. Mais en ce qui concerne les étudiants adeptes de foot, la question est beaucoup plus compliquée. S’ils éprouvent des regrets quant à la situation actuelle, ils font remarquer leur impuissance à faire changer les choses en tant qu’individus et l’importance que représente le foot à leurs yeux.

Quoi qu’il en soit, et contrairement aux habitudes, la Coupe du monde risque cette année de ne pas être l’événement fédérateur auquel on est habitué. Elle risque au contraire de diviser en partie les étudiants. Mais force est de constater que ce n’est pas la population générale qui est capable d’impacter sérieusement le choix du lieu de la Coupe du monde, et qu’elle se sent impuissante à le faire.