Etudes faciles et qui mènent droit vers le chômage... 5 clichés sur les études de communication

À chaque étude, ses clichés. Dans la série intitulée "Cliché ou réalité?", "La Libre Etudiant" s'est intéressée aux idées reçues que l'on entend souvent sur certaines facultés. Le but : déconstruire les stéréotypes, tout en apportant de précieuses informations à celles et ceux qui voudraient tenter l'aventure.

Etudes communication
Les principaux clichés autour des études d'information et communication. ©Copyright (c) 2018 pathdoc/Shutterstock. No use without permission.

Dans ce nouveau numéro, nous nous sommes intéressés aux études de comu. Voici les principaux clichés autour des études en information et communication.

1. Comu, glandus

Benjamin est passé par la haute école et par l'université. Il confie avoir toujours eu l'impression d'avoir "une charge de travail moindre que ceux qui étudiaient dans d'autres facs".

Pour réussir son bac en comu, il faut pourtant, comme dans d’autres facultés, 180 crédits. Et, comme ailleurs, 1 crédit représente 30h de travail. Il n’y a donc pas de raison de penser que la communication est plus facile que d’autres orientations. Si certains ont cette impression, c’est parce que la communication propose des cours dans des tas de domaines différents : information, statistiques, sociologie, sciences politiques, etc. Il y a des cours intuitifs, mais aussi “des cours vraiment difficiles”, explique Jonas, étudiant en journaliste en Master 1. Même s’il avoue ne s’être “jamais senti dépassé” lors de ses études, il reconnaît avoir “souffert” dans certains cours.

“Les autres étudiants pensent que c’est une matière légère qui ne nécessite pas spécialement une étude très approfondie”, note Ysaline. Mais, selon elle, “la charge de travail est aussi importante que dans les autres études, elle est simplement différente et requiert d’autres compétences.” “On n’a pas énormément de cours, mais on a beaucoup de travaux à rendre. On doit vraiment travailler sur le côté”, ajoute Yseult. "Depuis que je suis en Master, je suis débordé", note Jonas.

2. Les études de comu, c’est pour ceux qui ne savent pas quoi faire

Un cliché assez répandu est que les étudiants choisissent comu parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre. “On m’a souvent dit que c’étaient des études fourre-tout. Mais, perso, j’y suis allé par choix et je ne regrette pas”, explique Jonas.

“Je pense que dans toutes les études, il y a des étudiants qui sont là car ils ne savent pas quoi faire ou parce que leurs parents ont fait ça avant eux. Dans toutes les études, il y a vraiment des étudiants passionnés et des étudiants qui ont atterri là par hasard”, note Ysaline. Mais ceux qui ont atterri là par hasard arrêtent généralement en cours de route. Tout simplement parce que ces études demandent de l’implication.

3. Il ne faut pas faire d’études pour bosser dans la communication

Quand on interroge des étudiants hors études de com’, on se rend compte qu’ils pensent souvent qu’il ne faut pas forcément faire de longues études pour “pouvoir poster sur Facebook” ou pour “écrire un article”. Il y a pourtant une différence entre “poster sur Facebook “ et “bien poster sur Facebook”.

“Les gens pensent qu’ils maîtrisent les réseaux sociaux à 100% car ils les connaissent depuis toujours, mais si on leur demandait de faire un post efficace, ils feraient plein d’erreurs”, note Aurélien. “Comme partout, il y a des règles à maîtriser.”

En revanche, c'est vrai que certaines personnes se retrouvent à bosser dans la communication sans avoir fait les études correspondantes ou en ayant suivi des courtes formations. "On peut bosser dans la com' en étant auto-didacte", pense Jonas. "Toutefois, les études apportent une rigueur, une déontologie et d'autres qualités qu'on ne trouvera pas forcément autrement."

4. Tu ne trouveras pas de métier plus tard

Un des stéréotypes les plus souvent cités voudrait que les études de comu mènent tout droit vers le chômage. Certes, les métiers de la communication ne font pas partie des métiers en pénurie, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il est impossible de travailler dans ce secteur. Il existe de nombreux débouchés aux études de communication : chargé de communication, community manager, animateur, attaché de presse, journaliste, rédacteur, etc.

Selon une enquête réalisée par l’UCLouvain en 2018, un étudiant en comu sur 4 trouve un emploi avant la fin de ses études, et 70% après un an de recherche. Malgré tout, les jeunes connaissent souvent des conditions de travail précaires : contrat de remplacement, travail à la pige, etc. En bref, “le marché de l’emploi est compliqué” explique le Forem.

“Les fins de mois étaient trop difficiles, j’ai fini par laisser tomber. Je travaille maintenant comme vendeuse et je ne regrette pas du tout car je suis assurée d’avoir le même salaire à la fin du mois”, nous explique une ancienne journaliste. “J’ai mis 2 ans à trouver mon premier boulot dans la com’. A chaque fois, on me demandait de l’expérience ou des compétences en langues que je n’avais pas”, nous explique une autre. “Si on part du principe que tout le monde ne trouvera pas de boulot, alors il faut se dire qu’on sera celui qui y arrivera. Ce métier me passionnait tellement que j’étais prêt à en faire plus que les autres pour y arriver”, nous confie un journaliste qui a réussi à tirer son épingle du jeu. “Je fais la com’ d’une association, je fais un boulot qui a du sens et je me sens vraiment utile. Je ne pourrais pas rêver mieux”, précise Julie, qui concède avoir été perdue à la sortie de ses études.

5. Les études de com’, c’est surtout pour les femmes

Selon les chiffres publiés par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour l’année 2019-2020, il apparaît que les femmes sont effectivement en supériorité numérique dans l’enseignement de type long. 70,3% des étudiants en info-com à l’université sont des femmes, et 62,1% en haute école. Mais la tendance s’inverse lorsqu’on regarde l’enseignement supérieur de type court puisque seulement 44,5% sont des femmes.