”S10, tu bosses ou tu bisses” : comment les étudiants se préparent avant le blocus

Des dictons, nous en connaissons plein. Cela peut aller du dicton concernant le temps, à notre vie amoureuse ou encore aux cours. Dans le jargon de l’enseignement supérieur, il est courant de compter le quadrimestre en semaine – S1 pour la première semaine de l’année par exemple – et chaque semaine à son petit dicton.

Contribution externe
Un étudiant qui travaille avant le blocus.
Un étudiant qui travaille avant le blocus. ©Copyright (c) 2019 GalacticDreamer/Shutterstock. No use without permission.

Une contribution de Louis Tillieux, membre de l’Etincelle, un kot-à-projet néo-louvaniste centré sur le journalisme dont La Libre Etudiant est partenaire.

“S10, tu bosses ou tu bisses” est sûrement le dicton étudiant le plus répandu à travers l’univers académique. En effet, si au début de l’année académique l’insouciance règne, au fil que les semaines passent, la pression des examens monte petit à petit. Alors, si au départ, les dictons paraissent sympathiques et peuvent être comiques, il en existe quelques-uns qui ramènent les pieds sur terre aux jeunes adultes universitaires, et celui-ci en fait partie.

”Un moment charnière”

Pour certains étudiants et certaines étudiantes, la dixième semaine de l’année académique est considérée comme un moment charnière du quadrimestre. Blanche, étudiante en deuxième année de psychologie nous explique : “C’est un moment où il faut commencer à vraiment travailler pour ne pas être trop surchargé pendant le blocus. Je ne l’applique pas totalement, mais c’est un moment où je commence à limiter mes sorties, remettre mes notes à jour, une période où je me rends un peu plus aux cours”. Hélène, étudiante en master de droit, abonde dans son sens : “On peut considérer ce dicton comme le point de non-retour pour se mettre à travailler au vu de la charge de travail qui s’accumule. Il est toujours mieux de s’y mettre avant bien évidemment”. Les deux jeunes filles confirment que c’est une période qui doit être utilisée à bon escient pour anticiper les problèmes du blocus et réussir sa session de janvier.

Et le travail continu ?

Les universités veulent de plus en plus valoriser le travail continu et ne plus seulement faire reposer la réussite de leurs étudiants sur un seul examen en fin de quadrimestre. La fréquence des travaux de groupe et des préparations, présentations peuvent réduire l’impact symbolique du fameux dicton. Louis, étudiant en master de sciences politiques, nous raconte : “Dans mon programme, il y a des cours qui nous imposent de travailler tout au long du quadrimestre. C’est alors impossible de s’y mettre seulement en S10. Il faut continuellement être à jour”. Louis se considérant comme un élève assidu et pas très guindailleur.

Son camarade de classe, Grégoire, se considérant un peu plus guindailleur que Louis, évoque la même situation en ajoutant : “Un dur retour à la réalité”. À la question de l’application du dicton, la plupart des étudiants disent plus ou moins le suivre. Mais tous s’accordent sur le fait que son impact psychologique est assez important. Il fait rentrer les étudiants dans une deuxième phase du quadrimestre, une phase où le blocus approche à grands pas et où les activités diminuent.

Compatibilité vie de kot et vie étudiante

La vie d’un kot-à-projet est rarement reposante. Entre les activités à organiser, vivre à plusieurs et animer la vie universitaire, Manon, membre d’un kot-à-projet, nous explique que conjuguer les activités de kot et les cours est parfois compliqué. Le dicton à un impact sur l’entièreté des activités et permet de mieux de se concentrer. Le rythme sur l’ensemble du campus diminue, ce qui est plus propice à l’étude.

Quant aux sorties et soirées en tout genre, la plupart des étudiants et étudiantes interrogés assurent que le nombre de sorties passe de 2-3 par semaine à une seule bien souvent. Il devient très compliqué de trouver des amis avec qui sortir. Les soirées sont moins folles et plus calmes. Elles se font généralement autour d’un verre, au café du coin, car les lieux de fêtes comme la casa, le Coq Hardy ou bien les différents cercles ne sont plus ouverts.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...