"Du jamais-vu": l'audacieuse combine d'un étudiant pour tenter de remporter un tournoi d'échecs

"Il n'avait aucune chance dans le tableau des hommes", a estimé le secrétaire général de la fédération kényane d'échecs.

La partie d'échecs folle d'un étudiant.
La partie d'échecs folle d'un étudiant. ©Copyright (c) 2020 FabrikaSimf/Shutterstock. No use without permission.

Un coup audacieux, finalement mis échec et mat: vêtu d'un niqab et de lunettes, un jeune Kényan a disputé quatre tours du tournoi féminin de l'Open d'échecs de Nairobi, avant d'être démasqué. Il a expliqué avoir agi ainsi pour l'argent.

Le secrétaire général de la fédération kényane d'échecs, John Mukabi, n'avait jamais vu ça. "Et je ne crois pas qu'un tel cas se soit jamais produit dans le monde", affirme-t-il.

Les organisateurs de la 31e édition du Kenya Open, compétition internationale d'échecs qui a rassemblé 445 participants dans la capitale kényane du 6 au 10 avril, ont attendu avant de confondre une mystérieuse joueuse, silencieuse et insaisissable sous son niqab.

Au fil des tours, plusieurs signes leur avaient mis la puce à l'oreille, a raconté dimanche à l'AFP John Mukabi, confirmant une information de la BBC. "Le premier indice que quelque chose ne collait pas, c'est quand j'ai fait un tour avec un photographe pour prendre des photos. Quand on est revenus à l'ordinateur pour identifier les personnes, son nom était Milicent Awour. On s'attendait à un nom musulman. C'était un peu bizarre, mais il est possible que des gens avec des noms chrétiens soient musulmans..."

Les arbitres ont remarqué quelque chose

"Les arbitres ont aussi remarqué quelque chose: après les parties, cette personne disparaissait et ne revenait qu'à quelques minutes du tour suivant", a poursuivi le dirigeant kényan. Sa carrure, avec des épaules "plus masculines que féminines", et ses chaussures, un modèle "principalement associé aux hommes", ont également interpellé.

Son résultat au troisième tour - une victoire face à une joueuse kényane "très expérimentée" ayant participé six fois à la prestigieuse Olympiade d'échecs - a convaincu les juges d'intervenir.

A l'issue du tour suivant, après une défaite de peu face à une Ougandaise, "les arbitres l'ont pris à part et une femme arbitre l'a accompagné aux toilettes où on lui a demandé d'enlever le hijab" (niqab), a détaillé John Mukabi. "Il a immédiatement admis qu'il était un homme. Il a été exclu et les scores (de ses matches) ont été inversés (...) Il a dit que ce sont des problèmes financiers qui l'ont amené à agir ainsi".

Les 10 premières du tournoi féminin reçoivent une somme d'argent, allant jusqu'à 500.000 shillings kényans (3.300 euros environ) pour la vainqueure.

Cette compétition est moins relevée que le plateau masculin, dans lequel figuraient des grands maîtres et des maîtres internationaux. "Il n'avait aucune chance dans le tableau des hommes", estime M. Mukabi.

Le jeune homme, étudiant à l'université de Nairobi, est convoqué devant la commission disciplinaire de la fédération kényane la semaine prochaine. Il risque plusieurs années de suspension.

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