11 septembre, trêve politique pour McCain et Obama

11 septembre, trêve politique pour McCain et Obama
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International

Stéphanie Fontenoy

Publié le à - Mis à jour le à

Deux faisceaux lumineux parallèles et bleutés traversent la nuit de Manhattan depuis le début de la semaine, en mémoire des victimes des tours jumelles effondrées il y a tout juste sept ans. Les deux carrures politiques américaines de l'année, John McCain et Barack Obama, devraient leur faire de l'ombre quand ils descendront ensemble sur le site du World Trade Center, ce jeudi, pour rendre un hommage conjoint aux victimes.

A sept semaines du scrutin du 4 novembre, le Républicain et le Démocrate mettent en veilleuse leurs divergences, la réponse au terrorisme n'étant pas la moindre. Ils ont également décidé de suspendre les attaques auxquelles ils se livrent à travers des spots électoraux qui seront retirés des écrans, provisoirement, en cette journée de deuil.

Si tout se déroule comme prévu, la présence des deux politiciens réunis sur ce lieu symboliquement fort pour la nation américaine contrastera avec les querelles partisanes des années précédentes. En 2004, ni le président George W. Bush ni le sénateur démocrate du Massachusetts John Kerry n'avaient pris part aux cérémonies, craignant d'être accusés de politiser l'événement. L'année dernière, pour le sixième anniversaire, l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, candidat aux primaires de son parti, avait été considéré persona non grata par les familles des victimes, qui s'étaient élevées contre une instrumentalisation du "11 septembre" par celui qui a bâti sa réputation d'homme fort grâce à sa réponse à la tragédie.

Aujourd'hui, on semble parvenu à une certaine maturité politique. Les proches des disparus accueillent avec sérénité la visite de John McCain et Barack Obama. "Je pense qu'il est fantastique que ces deux personnes, dont l'une sera le prochain Président des Etats-Unis, rendent hommage aux victimes. J'espère qu'ils assumeront un rôle plus affirmé en faveur de la santé des secouristes, qui sont aujourd'hui malades ou mourants", a déclaré Sally Regenhard, dont le fils Christian, un pompier de 28 ans, est mort dans l'effondrement des tours jumelles.

La signification de la cérémonie s'étendra cette année au-delà des frontières américaines : des étudiants appartenant aux 91 nationalités des victimes des attentats de New York se joindront aux proches des familles au moment d'énoncer le nom des 2 751 disparus, une évocation qui aura lieu comme d'habitude dans la matinée à New York et sera interrompue par des moments de silence.

Comprendre les causes

Cette trêve d'un jour dans la campagne électorale ne fait pas oublier que le "11 septembre" a forgé deux visions diamétralement opposées chez les rivaux. Simple élu du sénat de l'Illinois au moment de la tragédie, Barack Obama avait écrit dans les colonnes d'un quotidien local de Chicago, le "Hyde Park Herald", que le souci immédiat devait être de renforcer la sécurité du territoire américain, d'améliorer le renseignement et de démanteler les "organisations de destruction" terroristes. "Nous devons aussi nous engager, néanmoins, dans la tâche plus difficile de comprendre l'origine de cette folie".

En sa qualité de sénateur de l'Arizona, John McCain s'est toujours fait l'avocat d'une intervention militaire plus musclée en Irak. Selon lui, il faut poursuivre les terroristes "jusqu'aux portes de l'enfer". Une détermination saluée par George W. Bush la semaine dernière à Minneapolis : "Nous avons besoin d'un Président qui comprend les leçons du 11 septembre", avait déclaré le chef d'Etat sortant en guise de soutien au candidat républicain.

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