Au moins 20.000 personnes, selon la police, étaient rassemblées mardi soir à Athènes pour soutenir le "Oui" au référendum, organisé dimanche par le gouvernement d'Alexis Tsipras, et soutenir les mesures budgétaires et réformes demandées à la Grèce par ses créanciers.

Ces manifestants, la plupart hostiles au gouvernement de gauche radicale du parti Syriza, se sont réunis sur la place du Parlement à l'appel d'une initiative baptisée "Nous restons en Europe", a constaté l'AFP. Ils expriment également leur crainte d'une sortie de la Grèce de la zone euro en cas d'échec du gouvernement à s'accorder avec ses créanciers UE et FMI.

Le rassemblement était soutenu par l'opposition au gouvernement de la gauche radicale, à savoir les deux partis traditionnels Pasok (socialistes) et Nouvelle démocratie (conservateur) et les centristes de To Potami.

Lundi, plus de 13.000 supporters de Syriza avaient manifesté au même endroit pour soutenir le "Non" au référendum. Quelque 4.000 personnes s'étaient aussi rassemblées à Thessalonique, la deuxième ville du pays (Nord).

La foule rassemblée mardi brandissait des drapeaux et pancartes frappés du mot "Oui". Un immense drapeau européen, où le mot "Oui" était aussi imprimé, était porté à l'horizontale par plusieurs manifestants.

Marina Katsatou, une Grecque de Londres, a avancé un séjour à Athènes prévu de longue date pour voter au référendum de dimanche, "car c'est très important, c'est l'avenir du pays qui se joue". Elle estime que "les gens n'ont plus confiance dans ce gouvernement qui va détruire la pays".

Une grande colère s'exprimait contre le gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, "incompétents, manquant d'organisation, idéologues", selon Vassiliki Salaka, une avocate.

Evangelia Kavounalia trouvait "fou d'avoir à se prononcer sur les mêmes questions que (son) grand-père il y a soixante ans: le communisme, la démocratie. Comment en est-on arrivé là !", s'exclamait cette femme de 45 ans.

Le slogan "Démissionnez !" a résonné à plusieurs reprises. "La Grèce c'est l'Europe", "Oui à la Grèce, oui à l'Europe", "Avec un oui, sauvez la Grèce", pouvait-on lire sur les panneaux.

La fermeture des banques et la limitation des retraits bancaires en vigueur depuis lundi pour éviter l'effondrement du système financier était de mauvaise augure pour Polivios, un ingénieur en génie civil: "Quand les banques vont rouvrir, ce sera en drachmes", prédisait-il.

Le maire de Thessalonique, Yannis Boutaris (indépendant), avait fait le déplacement, avec "une double angoisse": "d'abord, cette situation ne doit pas nous amener à la division. Ensuite, il faut que les autorités européennes et grecques, qui ont toutes les deux commis de grands erreurs, s'assoient pour parler, même si c'est à minuit une, pour un accord".

Au même moment, les ministres des Finances de la zone euro tenaient une conférence téléphonique sur la Grèce dont le programme d'assistance internationale en vigueur depuis 2012 expire mardi soir, faute d'accord avec ses partenaires sur la poursuite du financement du pays.

Elle s'est terminée vers 18h15 GMT, et devait reprendre mercredi matin, selon une source gouvernementale grecque.


Obama: la crise grecque peut avoir un "impact significatif" sur la croissance en Europe

Le président américain Barack Obama a mis en garde mardi contre "l'impact significatif" de la crise grecque sur l'économie européenne et potentiellement pour l'ensemble du globe, tout en minimisant les risques de "choc majeur pour le système". "Cela peut avoir un impact significatif sur les taux de croissance en Europe. Et si l'Europe ne croît pas comme elle le devrait, cela a un impact sur nous, sur le Brésil qui sont des grands pays exportateurs et cela peut ralentir l'économie mondiale dans son ensemble", a déclaré M. Obama lors d'une conférence de presse commune avec son homologue brésilienne Dilma Rousseff à Washington.

A court de liquidités, la Grèce s'apprête à faire défaut sur sa dette avec le FMI et cherche encore un accord avec ses créanciers sur la poursuite d'un plan d'aide qui expire mardi, à quelques jours d'un référendum crucial à Athènes.

Le président Obama a convenu que la crise grecque soulevait des "préoccupations substantielles" mais a toutefois appelé à ne pas "sur-réagir".

"Ce n'est pas quelque chose (la crise grecque) qui, selon nous, provoquera un choc majeur pour le système", a assuré le président américain.