La marée noire se moque des beautés terrestres

Les îles Galapagos ont finalement été touchées par la marée noire qui les menaçait depuis vendredi. Plus de 570 tonnes de fuel progressent actuellement au large de l'archipel dans un rayon de 300 kilomètres

Les îles Galapagos ont finalement été touchées par la marée noire qui les menaçait depuis vendredi. Plus de 570 tonnes de fuel progressent actuellement au large de l'archipel dans un rayon de 300 kilomètres.

Malgré les efforts des centaines de secouristes qui ont déployé des barrages flottants et utilisé du dispersant chimique pour empêcher le mazout d'atteindre le rivage, le paradis des tortues géantes n'a pas échappé à la pollution.

«C'est vraisemblablement l'une des plus graves catastrophes frappant les Galapagos», a estimé le porte-parole du ministère équatorien de l'Environnement, Mauro Cerbino. Ainsi, plusieurs animaux, dont des otaries, des pélicans et plusieurs autres espèces d'oiseaux ont déjà été touchés.

Au-delà des Galapagos, classées patrimoine de l'humanité par l'Unesco, c'est toute une faune et une flore uniques au monde qui sont menacées. En effet, 90 pc des reptiles, 46 pc des insectes et près de la moitié des oiseaux que l'on y trouve n'existent qu'aux Galapagos.

Mauricio Velasquez, biologiste au parc naturel des Galapagos, fait remarquer pour sa part que la marée noire risque également de détruire les algues de l'archipel, l'un des maillons de la chaîne alimentaire des iguanes de mer, des albatros à patte bleue, des langoustes et autres otaries qui ont fait la réputation du lieu.

C'est un pétrolier équatorien, le «Jessica» qui est à l'origine de ce qui pourrait bientôt se transformer en catastrophe écologique. Le cargo, qui transportait quelque 900 tonnes de carburant, s'est échoué mardi dernier à 800 mètres des côtes de San Cristobal, l'une des treize îles de cette province équatorienne située en plein océan Pacifique.

Vendredi, une première nappe de mazout s'est répandue dans la mer après une fuite intervenue dans les soutes du bâtiment.

La situation s'est aggravée dimanche lorsque de nouvelles fissures sont apparues sur la coque, favorisant la propagation de la marée noire.

AIDE INTERNATIONALE

«Les conséquences sur l'environnement sont extrêmement importantes»

A reconnu le ministre équatorien de l'Environnement, qui avait lancé dès samedi un appel à l'aide internationale pour conjurer ce fléau.

Pour le moment deux équipes américaines se trouvent sur les lieux. Une première équipe de dix secouristes est arrivée sur place samedi, armée de pompes de haute puissance et d'un barrage flottant. La seconde équipe, composée d'experts américains, parmi lesquels dix spécialistes de la force spéciale antipollution des garde-côtes fédéraux, est arrivée dimanche soir, avec des instruments de pompage pour finir de vider les cuves.

Le ministre de l'Environnement équatorien a annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire dans la journée de lundi. De son côté le WWF juge «essentiel que le gouvernement équatorien ainsi que la communauté maritime internationale envisagent de désigner les eaux entourant ces îles comme zone particulièrement sensible». «Une telle mesure permettrait d'assurer un niveau de protection beaucoup plus élevé pour cette région exceptionnelle au monde.» (D'APRES AFP)

© La Libre Belgique 2001