La marée noire dérive vers le nord, hors des Galapagos

La marée noire des Galapagos se trouvait toujours mardi matin au coeur de cette réserve écologique naturelle en plein Pacifique, mais les forts courants la font dériver vers le nord, hors de l’archipel. C'est l'une des catastrophes les plus importantes dans cette région du monde

La marée noire dérive vers le nord, hors des Galapagos
©(AFP)

La marée noire des Galapagos se trouvait toujours mardi matin au coeur de cette réserve écologique naturelle en plein Pacifique, mais les forts courants la font dériver vers le nord, hors de l’archipel.

Le refuge des tortues géantes - "galapagos" en espagnol, au nombre de 10.000- est menacé depuis vendredi par les 600 tonnes de mazout échappées de la brèche d’un cargo échoué face à San Cristobal, la plus à l’est des treize îles des Galapagos. Les nappes d’hydrocarbures s’étendent sur un périmètre de 1.200 km2 en fines particules.

«La situation s’est améliorée, car de forts courants poussent l’essentiel des nappes de mazout vers le nord et les désagrègent», a indiqué à l’AFP Rodolfo Rendon, ministre de l’Environnement de l’Equateur, pays propriétaire de l’archipel depuis 1832. La prudence reste toutefois de mise aux Galapagos, où les marées ont ralenti les travaux des quelque 500 secouristes dans leur lutte contre la pollution.

«Les mêmes courants sont imprévisibles et peuvent changer de direction», a fait remarquer M. Rendon. «Il s’agit d’un très grave problème écologique, mais pas d’un désastre», a-t-il ajouté.

A Puerto Baquerizo Moreno, centre administratif des Galapagos, sur San Cristobal, le gouverneur, Fabian Parra, dans un entretien par téléphone avec l’AFP, a qualifié «d’incalculable» le coût pour l’archipel de cette marée noire. Il a également lancé un «appel à une aide internationale directement à la province» pour lui fournir du matériel anti-pollution. «Si nous avions disposé ici de tels équipements, nous aurions pu prévenir l’extension du sinistre», a-t-il assuré.

L’état d’urgence avait été décrété lundi soir par le président Gustavo Noboa dans la province des Galapagos, où l’île de Santa Fé, sanctuaire des fous à pattes bleues, avait été atteinte par les hydrocarbures lundi.

Ce décret doit permettre la mobilisation de tous les personnels de l’Etat, fonctionnaires, soldats et policiers, et la mise à disposition du chef de l’Etat de toutes les ressources financières nationales en urgence sans passer par les contrôles de rigueur. La marée noire avait fait lundi ses premières victimes, quatre pélicans morts mazoutés près de San Cristobal. L’archipel, de 7.964km2, est composé de 13 îles, 17 îlots et 47 récifs en plein Pacifique, à 1.000 km à l’ouest de l’Equateur.

Un périmètre de 2.700 km2 a été délimité par les secouristes, pour patrouiller en permanence dans l’archipel, surveiller l’évolution des taches éparses de mazout, et déclencher les opérations ponctuelles anti-pollution.

Vingt-huit tonnes de carburant ont déjà été siphonnées lundi du Jessica par l’équipe de gardes-côtes américains formée pour ce type d’interventions. «Deux à trois jours seront encore nécessaires pour finir de vider les soutes du cargo», a précisé M. Parra. Quelque 160 tonnes de carburant se trouvent encore dans les soutes du Jessica.

Les opérations de pompage du mazout, suspendues hier soir en raison de fortes marées, ont repris mardi matin, a indiqué le gouverneur à l’AFP. Les Galapagos, trésor mondial de la faune et de la flore marines, sont le paradis des tortues géantes, des iguanes marins aux formes antédiluviennes, des albatros, des lions de mer et des fous à pattes bleues, entre autres.

(AFP)