On a évité le pire à Phantasialand

Trente-six personnes ont été légèrement blessées dans un incendie qui s’est déclaré mardi dans un parc d’attraction, «Phantasialand», à Bruehl, près de Cologne (ouest de l’Allemagne), a déclaré le chef de la police de Cologne, Winrich Granitzka. La catastrophe a pu être évitée de peu. L’incendie s’est déclaré sur la piste de bobsleigh appelé «Grand Canyon», qui a été totalement ravagée par le feu.

MARCEL LINDEN, CORRESPONDANT A BONN
On a évité le pire à Phantasialand
©EPA

Les 20 000 visiteurs, qui se pressaient par beau temps dans le parc d'attractions «Phantasialand» de Brühl, l'ont échappé belle. Il tient presque du miracle que le violent incendie, qui s'est propagé avec une grande vitesse, n'ait pas causé de mort d'homme. «Nous avons frôlé la catastrophe», a déclaré, ému, le ministre-président de Rhénanie-Westphalie, Wolfgang Clement, accouru sur les lieux du désastre. Mardi soir, la police faisait finalement état de 36 blessés légers après avoir craint, durant la journée, d'avoir à déplorer plusieurs morts.

Les témoins oculaires, les forces de secours redoutaient le pire. Un énorme écran de fumée montait dans le ciel d'azur. Depuis l'alerte donnée à 13h50, 600 pompiers dans 80 voitures ont mis plus de deux heures pour éteindre les flammes. La version la plus probable est qu'un court-circuit a mis le feu à un wagonnet sur l'une des deux installations de montagnes russes, construction en bois culminant à dix-huit mètres. Les 150 passagers de cette attraction foraine ont réussi à se sauver, certains en descendant d'en haut par leurs propres moyens. En peu de temps un jaillissement d'étincelles et de particules incandescentes en plastique a mis le feu aux installations voisines: le toit en pagode du théâtre de Chinatown a flambé, tout comme le saloon de la petite ville du Far-West.

L'abondance de fumée et le vol de particules ont amené les autorités à fermer l'autoroute A 553 toute proche. Les riverains ont été invités à fermer les fenêtres et à rester chez eux.

Immédiatement après le début de l'incendie il y a eu un début de panique. Mais, comme les possibilités de fuite étaient favorables, l'évacuation a pu se faire de façon ordonnée.

Certaines critiques ont rapidement été formulées contre l'apparente incompétence des employés du parc d'attractions. «J'étais dans Chinatown avec mon fils, dit un témoin, d'un coup il y a eu un nuage de fumée, une avalanche de flammes, une panique a éclaté, tous ont couru vers une porte impossible à ouvrir, certains ont franchi un mur pour se sauver. J'ai demandé à un employé ce qu'il fallait faire. Il a haussé les épaules. Une demi-heure auparavant j'avais moi-même été sur les montagnes russes.» D'autres témoins, qui s'apprêtaient à monter dans les wagonnets des montagnes russes, ont, en revanche, loué le sang-froid du personnel du parc, qui les a invités calmement à quitter les lieux. Il n'y a pas eu de débandade.

LE PLUS VIEUX PARC DU PAYS

Winrich Granitzka, directeur de la police de Cologne, a déclaré que «la situation est moins grave qu'il ne paraît»

. Pour lui l'incendie a une cause technique et toute forme d'incendie volontaire ou d'attentat est exclue. Bien que le niveau de sécurité des parcs d'attraction allemands soit généralement fort bon, on se pose des questions sur l'état des installations de «Phantasialand», qui est le plus vieux parc du genre du pays. Il existe depuis le début des années 70. Il y a cinq ans, une installation de montagnes russes de Brühl avait déjà brûlé à cause de travaux de soudure.«Phantasialand» est avec plus de 20 attractions un des parcs les plus populaires du pays. Il accueille plus de deux millions de visiteurs par an. Situé près de l'autoroute entre Cologne et Bonn, pas trop loin de la frontière belge, il peut aussi compter sur une forte affluence des pays voisins. Presque tous les enfants de Rhénanie et du Bassin de la Ruhr lui ont déjà rendu visite. La grotte aux fantômes, la mine d'argent mexicaine sont des classiques. Les dompteurs de tigres blancs, Siegfried et Roy, ont par la suite fait carrière à Las Vegas. La réplique pas tout à fait grandeur nature de la Porte de Brandebourg rappelle l'époque où ce monument était, avant la réunification, inaccessible.

© La Libre Belgique 2001


Quid de la sécurité des parcs d'attraction en Belgique? L'incident survenu en août 1997 à Walibi, quand des visiteurs s'étaient retrouvés coincés la tête en bas sur le Sirocco, avait été l'occasion de rappeler que, en Belgique, si les attractions sont contrôlées annuellement, ce n'est pas parce que la loi l'exige. En effet, celle-ci, absente en la matière, laisse la chose à l'appréciation des propriétaires. Qui, généralement, font les choses dans les règles de l'art, ne-fut-ce que pour rester en bons termes avec leur compagnie d'assurances à qui ils versent plusieurs millions par an en responsabilité civile. La plupart d'entre eux transposent en la matière les grilles de contrôles américaines ou les dispositions légales pour des engins «parents» (grues, engins de levage...). Pour la majorité des parcs, c'est l'entreprise AIB Vinçotte qui, annuellement, se charge des contrôles techniques et remet alors une attestation qui engage sa responsabilité. Si l'on en croit le magazine Tests-Achats, la sécurité dans les parcs d'attractions en Belgique est satisfaisante. En 1996, celui-ci avait réalisé une enquête. Sa conclusion: «celui qui passe 2 heures dans un parc en essayant 10 attractions à une chance sur 1,66 millions d'avoir un accident grave et une sur 25 millions qu'il soit mortel. Un risque dix fois moindre que lors d'un trajet de 2 heures à vélo sur une route peu fréquentée». (N.Bu)