Accord sur le boycott direct d’Israël

Des experts représentant 13 pays arabes, réunis à Damas, ont appuyé dimanche une réactivation du boycottage direct d’Israël, et tentaient de parvenir à un accord sur la question du boycottage indirect, touchant les firmes de pays tiers traitant avec l’Etat hébreu.

Des experts représentant 13 pays arabes, réunis à Damas, ont appuyé dimanche une réactivation du boycottage direct d’Israël, et tentaient de parvenir à un accord sur la question du boycottage indirect, touchant les firmes de pays tiers traitant avec l’Etat hébreu.

«Il y a un accord total, il n’y a aucun problème », a déclaré à la presse le commissaire général de l’Office de boycottage arabe d’Israël (OBI), le Syrien Ahmed Khazaa, précisant que la réunion, ouverte dimanche, se terminerait lundi soir par des recommandations qui seront transmises à la Ligue arabe, au Caire.

«Nous voulons réactiver le boycottage pour qu’il constitue un instrument de résistance pacifique visant à pousser Israël à appliquer les résolutions internationales », a affirmé M. Khazaa.

Il a ajouté que les participant avaient «apporté un soutien unanime » au plan de travail proposé par l’OBI, organe de la Ligue arabe siégeant à Damas.

Ce plan prévoit notamment «la réactivation des bureaux de boycottage » dans les 22 pays membres de la Ligue arabe, et la reprise des conférences semestrielles de l’OBI.

Un délégué d’un pays du Golfe, qui a requis l’anonymat, a toutefois indiqué à l’AFP que l’Egypte et la Jordanie ne seraient pas tenus de respecter les directives de boycottage dans la mesure où ils sont liés par des traités de paix avec l’Etat hébreu.

Ce délégué a ajouté que le principe du boycottage des compagnies d’autres nationalités traitant avec l’Etat hébreu, faisait encore l’objet de tractations.

«Il faut prendre en considération la nature des activités de ces compagnies car il existe une différence entre celles qui ne font que vendre des marchandises ou des services à Israël, et celles qui y investissent dans l’infrastructure et qui financent des entreprises industrielles israéliennes », a-t-il dit.

Le délégué s’est interrogé sur l’opportunité pour les pays arabes de «bannir des chaînes de restauration rapide américaines et des grandes chaînes hôtelières --McDonald’s, Sheraton... -- qui ont des établissements en Israël ».

Pour sa part, le délégué des Emirats Arabes Unis à la réunion, Ahmed Ben Abdel Aziz al-Sabbagh, a affirmé que la réunion de Damas marquait «le premier pas sur la route des 1000 miles qui vise à réactiver le boycottage ».

Outre la Syrie et l’Autorité palestinienne, onze pays ont dépêché des représentants à la réunion: Irak, Koweit, Liban, Libye, Yémen, Emirats Arabes Unis, Tunisie, Algérie, Arabie saoudite, Soudan et Somalie.

La réunion de Damas répond au désir de la Syrie, qui prône un durcissement de la position des pays arabes face à Israël, de l’amener à se retirer des territoires arabes occupés en 1967, dont le plateau syrien du Golan et marque également la relance des activités de l’OBI.

La réactivation du boycottage avait été examinée lors du sommet arabe d’Amman les 27 et 28 mars, à la demande de Damas.

Créé en 1951, l’OBI avait initialement pour charge de mettre à jour tous les six mois --en avril et en novembre -- une «liste noire » des firmes israéliennes (boycottage au premier degré) ou de compagnies d’autres pays ayant des relations avec Israël (boycottage au deuxième degré).

Après la guerre du Golfe et le démarrage du processus de paix, en 1991, la plupart des pays arabes ont cédé aux pressions américaines et renoncé au boycottage du deuxième degré.

La conférence de l’OBI de la Ligue arabe, ne s’est plus réunie depuis avril 1993, de nombreux pays arabes n’envoyant plus de représentants à ses réunions. (AFP)