L’Office du boycottage arabe d’Israël

L’Office arabe de boycottage d’Israël (OBI), qui est réuni à Damas à la demande de la Syrie, examine les moyens de nuire à l’économie israélienne en interdisant aux pays arabes toute transaction avec Israël ou avec des entreprises de pays tiers traitant avec l’Etat hébreu.

L’OBI, dont le titre exact est Office Central pour le Boycottage, a été créé le 19 mai 1951, en application d’une décision de la Ligue arabe qui a fixé son siège à Damas et qui a confié sa direction à un Commissaire général.

Le Syrien Ahmed Khazaa occupe actuellement le poste de commissaire général, nommé toutes les cinq années par le secrétaire général de la Ligue arabe.

Un bureau de boycottage a été créé dans chaque Etat membre en vertu de la décision de la Ligue arabe.

L’OBI et les bureaux locaux ont pour tâche d’appliquer une «loi arabe unifiée sur le boycottage », finalisée en 1954, qui «impose des sanctions à tous ceux qui traitent avec Israël » et qui demande «à chaque importateur (arabe) de fournir un certificat d’origine » pour vérifier que sa marchandise ne provient pas d’Israël ou d’entreprises traitant avec lui.

En 1961, la Ligue arabe s’était fixé l’objectif suivant: empêcher Israël d’écouler sa production dans le monde arabe, le priver des ressources naturelles de pays arabes, et le forcer à chercher des marchés lointains afin de rendre ses produits moins compétitifs.

La Ligue, formée actuellement de 21 pays et de l’Autorité palestinienne, a également chargé l’OBI d’interdire les transactions avec les compagnies de pays tiers «contribuant à renforcer l’économie israélienne », qui constitue le boycottage indirect ou du deuxième degré.

Sur cette liste ont figuré un certain temps des géants comme Ford, Coca-Cola, General Motors, CBS records, L’Oréal, Sony, Cadbury Schweppes, et mêmes les films de Paul Newman et les chansons d’Enrico Macias, ces derniers étant accusés de propagande pro-israélienne.

Après la guerre du Golfe, début 1991, et le démarrage du processus de paix, la plupart des pays arabes ont cédé aux pressions américaines et renoncé au boycottage indirect, et la conférence semestrielle de l’OBI ne s’est plus réunie depuis avril 1993, le quorum requis, 12 membres, n’ayant plus été atteint.

Le boycottage est susceptible d’occasionner à Israël un manque à gagner de 3 milliards de dollars par an, d’après l’OBI qui estime l’ensemble des pertes infligées à l’Etat hébreu depuis un demi-siècle à 48 mds USD.

Des économistes israéliens avaient en revanche estimé en 1991 le coût du boycottage pour l’Etat hébreu à 400 millions USD par an. (AFP)