Les anti-mondialisation veulent montrer que leur détermination est intacte

Les militants anti-mondialisation d’ATTAC entendent prouver ce week-end à Liège que leur détermination reste intacte malgré les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, à l’occasion d’un contre-sommet organisé en marge d’une réunion des ministres européens des Finances

AFP
Les anti-mondialisation veulent montrer que leur détermination est intacte
©Bernard Demoulin

Les militants anti-mondialisation d’ATTAC entendent prouver ce week-end à Liège que leur détermination reste intacte malgré les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, à l’occasion d’un contre-sommet organisé en marge d’une réunion des ministres européens des Finances.

«Nous n’allons pas modifier notre programme suite aux attentats aux Etats-Unis, parce que ces actes terroristes renforcent en fait notre message à long terme », affirme Eric Toussaint, qui préside le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-monde et s’exprimera à ce titre samedi au «Congrès européen citoyen » d’ATTAC.

«Nous pensons que les inégalités Nord-Sud font le lit du fanatisme, puisque la pauvreté permet aux réseaux terroristes d’aller recruter des jeunes sans avenir, qui vont ensuite verser vers le fanatisme », ajoute-t-il.

Pour les membres d’ATTAC, la lutte contre le terrorisme doit aussi passer par le règlement du problème des paradis fiscaux, un sujet qui figure à l’agenda des ministres.

«Les réseaux terroristes et mafieux utilisent des paradis fiscaux comme Jersey ou les Bahamas pour accumuler des fortunes considérables, fortunes qui leur permettent ensuite d’aller inquiéter les Etats, et même l’Etat le plus puissant du monde », assure Arnaud Zacharie, responsable d’ATTAC-Liège.

Environ un millier de représentants du monde associatif et syndical doivent participer au contre-sommet qui rassemblera sur le campus de l’université de Liège une vingtaine d’organisations, parmi lesquelles la Confédération paysanne européenne ou Greenpeace.

Il sera précédé vendredi d’une manifestation organisée par la Confédération européenne de Syndicats (CES), qui attend quelque 10.000 personnes pour réclamer le «renforcement de l’Europe sociale » et la «taxation des transactions financières ».

Samedi, ce sera au tour d’un collectif de militants d’extrême-gauche de manifester dans la ville.

Ces manifestations sont restées autorisées malgré les attentats aux Etats-Unis. Mais elles seront strictement tenues à l’écart des ministres des Quinze qui se réuniront au Palais du Congrès, situé sur une île formée par la Meuse et qui le protège naturellement.

«Les anti-mondialisation que nous attendons à Liège n’ont rien à voir avec les attentats aux Etats-Unis », explique un membre du cabinet du bourgmestre de la ville, Willy Demeyer.

Des mesures de sécurité particulières ont néanmoins été adoptées avec, en particulier, la mise en place d’un imposant «périmètre de précaution » à l’intérieur duquel seront interdits le port du masque et toute «tenue vestimentaire de protection ».

Les autorités ont refusé de divulguer le nombre de policiers mobilisés.

«Nous avons adapté notre stratégie afin d’éviter que se reproduisent à Liège les violences du sommet européen de Goeteborg et du G8 de Gênes », a assuré pour sa part M. Demeyer. Ainsi, selon lui, «il n’y aura notamment pas de ’Robocops’ --policiers équipés de casques intégraux et de protections renforcées-- visibles dans les rues de la ville ».

Pour les anti-mondialisation comme pour les autorités belges, le week-end de Liège n’est en fait qu’une sorte de répétition générale avant le grand rendez-vous que constitue le Sommet européen de Laeken, le 14 décembre, où quelque 70.000 manifestants sont attendus.