Le meurtrier de Sarah Payne condamné

«Justice a été rendue, Sarah peut reposer en paix, mais la lutte continue »: quelques minutes après la condamnation du meurtrier de leur fille, Sara et Michael Payne ont lancé un appel passionné au gouvernement pour qu’il durcisse la loi et empêche la récidive des pédophiles.

Le meurtrier de Sarah Payne condamné
©EPA

«Justice a été rendue, Sarah peut reposer en paix, mais la lutte continue »: quelques minutes après la condamnation du meurtrier de leur fille, Sara et Michael Payne ont lancé un appel passionné au gouvernement pour qu’il durcisse la loi et empêche la récidive des pédophiles.

La mort de la fillette en juillet 2000 avait provoqué un véritable choc national, entraînant une campagne vengeresse contre les pédophiles, emmenée par la presse.

Le verdict prononcé mercredi «ne nous rend pas heureux », a déclaré sur les marches du tribunal de Lewes (sud-est de l’Angleterre) Sara Payne, une grande jeune femme aux longs cheveux bruns.

Très digne, la voix brisée, appuyée contre son époux Michael, elle a appelé le gouvernement à agir pour «s’assurer que cela cesse de se produire encore et encore. Des gens sont remis en liberté quand toutes les personnes concernées savent que cela va se reproduire ».

«Cela », c’est l’enlèvement et le meurtre pour des motifs sexuels de leur fillette, Sarah, huit ans au moment de sa disparition, le 1er juillet 2000. Son assassin, Roy Whiting, un mécanicien de 42 ans, a été condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération anticipée.

Quelques secondes après le verdict, le procureur a révélé que le condamné était un pédophile récidiviste.

En juin 1995, il avait été condamné à quatre ans de prison pour avoir enlevé et abusé sexuellement d’une fillette de neuf ans, qu’il avait, cette fois-là, relâchée vivante après deux heures de cauchemar.

Roy Whiting avait été libéré en novembre 1997, en dépit des recommandations contraires des services d’application des peines, qui le jugeaient dangereux et susceptible de récidiver.

La justice anglaise interdit la communication au jury, et au public, de toute précédente condamnation d’un prévenu.

Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a affirmé que «le gouvernement réfléchit au moyen de modifier ces règles ».

Dans le tribunal, juste après le verdict, Sara et Michael Payne sont restés quelques secondes enlacés, en larmes, avant de rejoindre leurs deux fils, Lee, 14 ans et Luke, 12 ans.

Leur dernier enfant, Charlotte, 6 ans, était restée chez des proches.

L’émotion était à son comble, comme elle l’avait été au moment de la disparition de Sarah. Même le Premier ministre Tony Blair a réagi mercredi, en exprimant aux parents, par son porte-parole, sa «plus profonde sympathie ».

L’enfant jouait à cache-cache dans un champ de blé avec ses frères et soeur, près du domicile de ses grand-parents, à Littlehampton, au sud-est de Londres, lorsqu’elle avait disparu.

Le 17 juillet, son corps dénudé avait été retrouvé dans un fossé à quelques kilomètres de là.

Le journal dominical News of The World avait alors entrepris de publier la liste nominative des 110.000 pédophiles recensés en Grande-Bretagne, avec leurs adresses, entraînant un déchaînement de violence populaire.

La maison d’un pédiatre avait été prise d’assaut par une foule en colère qui avait confondu «pédiatre » et «pédophile ». Un homme, qui avait reconnu des abus sexuels sur des fillettes, s’était suicidé après l’attaque de sa maison.

La campagne avait cessé lorsqu’il fut révélé que cinq familles innocentes avaient été contraintes de déménager après des attaques contre leurs domiciles.

Les parents de Sarah avaient lancé un appel à la création d’une loi autorisant le public à prendre connaissance du registre des pédophiles pour savoir si certains d’entre eux vivent non loin d’enfants.

Le gouvernement a mercredi promis d’«améliorer encore les mesures » de lutte contre la pédophilie.

La seule mesure efficace, a plaidé le syndicat des contrôleurs judiciaires, est de généraliser les peines à perpétuité incompressibles pour les pédophiles. «Une telle mesure aurait pu sauver Sarah », a jugé un porte-parole. (AFP)