Coups de filet aux quatre coins du monde

La police britannique a réalisé un coup de filet de grande ampleur dans les milieux islamiques, au moment où des membres présumés d’al-Qaïda étaient livrés aux Etats-Unis par la Bosnie et d’autres repérés en Somalie. Dans le même temps, le chef du gouvernement de transition en Afghanistan - où les opérations militaires américaines marquent le pas - est allé plaider la cause de son pays auprès de l’Arabie Saoudite, longtemps soutien des talibans.

AFP
Coups de filet aux quatre coins du monde
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La police britannique a réalisé vendredi un coup de filet de grande ampleur dans les milieux islamiques, au moment où des membres présumés d’al-Qaïda étaient livrés aux Etats-Unis par la Bosnie et d’autres repérés en Somalie.

La justice américaine a également entendu un Britannique, soupçonné d’avoir voulu faire exploser en vol un avion commercial, qui a plaidé non coupable vendredi devant un tribunal de Boston (nord-est).

Aux Philippines, le gouvernement a annoncé qu’aucune opération conjointe de l’armée avec des forces spéciales américaines contre les maquis extrêmistes n’était prévue avant au moins avril.

Ces développements, loin de l’Afghanistan, premier front de la guerre contre le terrorisme, interviennent alors que les aéroports aux Etats-Unis ont commencé à mettre en oeuvre de nouvelles méthodes d’inspection des bagages en soute.

Dans le même temps, le chef du gouvernement de transition en Afghanistan - où les opérations militaires américaines marquent le pas - est allé plaider la cause de son pays auprès de l’Arabie Saoudite, longtemps soutien des talibans.

En deux jours, la police britannique a procédé à 17 arrestations qui apparaissent comme un nouveau progrès dans la lutte contre le réseau al-Qaïda, qui pourrait compter quelque 200 membres en Grande Bretagne.

Quatre personnes - deux hommes et deux femmes âgés de 28 à 31 ans - ont été arrêtées vendredi à Leicester (centre de l’Angleterre).

Douze autres personnes, âgées de 23 à 40 ans, avaient déjà été appréhendées la veille dans cette ville dans le cadre d’une opération européenne.

Enfin, un homme avait été arrêté jeudi soir à Londres, soupçonné d’infraction à la loi antiterroriste, lors d’une perquisition dans une maison du nord-ouest de la capitale.

Le Times affirme qu’une enquête de cinq mois dans plusieurs pays d’Europe a mis en évidence Leicester - qui abrite une grande communauté musulmane - comme base choisie par des proches d’Oussama ben Laden depuis 1998 pour organiser des attaques dont un attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris.

Depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, une soixantaine de personnes ont été arrêtées au total en Grande-Bretagne, où la législation antiterroriste a été renforcée.

Dans le même temps, six ressortissants arabes soupçonnés de liens avec Oussama ben Laden ont été remis vendredi par la Bosnie à l’armée américaine.

Cette action se situe «dans le cadre de la lutte contre le terrorisme mondial », précise un communiqué du commandement des forces américaines en Europe publié à Stuttgart (Allemagne).

«Selon des informations non officielles (...), ils devraient être transférés à Cuba », a déclaré leur avocat Fahrija Karkin aux journalistes, faisant référence à la base militaire américaine de Guantanamo, où 110 talibans et membres d’al-Qaïda sont actuellement détenus.

Plusieurs membres du réseau al-Qaïda d’Oussama ben Laden sont arrivés la semaine dernière en Somalie, a déclaré vendredi à Addis Abeba le chef de guerre somalien Husseïn Mohamed Aïdid, opposé au gouvernement somalien de transition.

Ces hommes étaient accompagnés de quatre membres de l’organisation fondamentaliste islamique somalienne al-Ittihad, accusée par Washington d’avoir des liens avec al-Qaïda, a ajouté M. Aïdid.

Ces membres d’al-Qaïda et d’al-Ittihad «sont partis vers Mogadiscio pour rencontrer leurs partenaires, et ont également pour objectifs des zones proches de Bossasso, dans le Puntland », a ajouté M. Aïdid.

A Boston (Massachusetts, nord-est), le Britannique Richard Reid, accusé par la justice américaine d’avoir tenté de provoquer une explosion avec des chaussures piégées sur un vol Paris-Miami, le 22 décembre, a plaidé non coupable vendredi devant un tribunal fédéral de la ville.

Reid, 28 ans, est soupçonné d’être un terroriste entraîné par al-Qaïda. Il est notamment poursuivi pour tentative d’utilisation d’une arme de destruction massive et tentative d’homicide à l’encontre de ressortissants américains à l’étranger. Il risque la prison à vie.

Les compagnies aériennes aux Etats-Unis ont commencé vendredi à inspecter tous les bagages enregistrés placés en soute pour y déceler la présence d’explosifs.

Cette nouvelle procédure est le premier signe visible du renforcement de la lutte antiterroriste prévu par la «loi sur la sécurité dans l’aviation et les transports », votée à la suite des attentats du 11 septembre et promulguée le 19 novembre.

Seuls 161 scanners sont actuellement en service dans 53 aéroports aux Etats-Unis. Il en faudrait environ 2.200 au total dans les 429 aéroports desservis par des compagnies commerciales, selon le département des Transports.

Le numéro un afghan Hamid Karzaï, nommé le mois dernier chef du gouvernement intérimaire afghan pour une durée de six mois, a choisi l’Arabie saoudite pour sa première visite officielle à l’étranger.

Le royaume saoudien a toujours été l’un des principaux bailleurs de fonds de l’Afghanistan dont les caisses sont aujourd’hui vides après 23 ans de guerre.

L’Arabie saoudite, qui était l’un des trois seuls Etats, avec le Pakistan et les Emirats Arabes Unis, à avoir reconnu le régime taliban, s’apprête à tourner la page sur cette période controversée et à rouvrir son ambassade à Kaboul, fermée après les attentats du 11 septembre.

Aux Philippines, quelque 250 militaires américains ont déjà été déployés, notamment au sud sur les îles de Basilan et de Jolo, et plusieurs centaines d’autres doivent les rejoindre.

Aucune participation de forces spéciales américaines à des missions de combat aux cotés de soldats philippins contre le groupe Abu Sayyaf, des rebelles musulmans accusés de liens avec le réseau d’Oussama ben Laden, n’est prévue avant au moins avril, a déclaré le porte-parole de la présidente Gloria Arroyo, Rigoberto Tiglao.

En dépit de la mobilisation de 5.000 soldats philippins, Manille n’a pas été en mesure de réduire le groupe rebelle.