Hamid Karzai demande l'aide de l'Arabie saoudite

AFP

Le chef du gouvernement intérimaire afghan Hamid Karzaï a demandé samedi l'aide de l'Arabie saoudite pour la reconstruction de l'Afghanistan après 23 ans de guerre, à l'occasion de sa première visite à l'étranger.

"Nous nous attendons à ce que l'Arabie saoudite, qui a beaucoup assisté l'Afghanistan par le passé, apporte son aide à la reconstruction", a déclaré à l'AFP à Ryad le ministre afghan des Affaires étrangères, Abdullah Abdullah. M. Abdullah fait partie d'une délégation de huit ministres qui accompagne Hamid Karzaï dans sa visite en Arabie saoudite, deux jours avant la conférence de Tokyo sur la reconstruction de l'Afghanistan.

L'Arabie saoudite devrait co-présider lundi et mardi --avec le Japon, les Etats-Unis et l'Union européenne-- la conférence de Tokyo, qui doit mettre au point un ambitieux programme de reconstruction de l'Afghanistan, nécessitant des financements de 15 milliards de dollars sur dix ans, selon la Banque mondiale.

Selon des organismes d'aide au développement, 5 mds USD doivent être mobilisés dans les 30 prochains mois pour remédier aux carences des secteurs vitaux dans le pays, ravagé par 23 ans de guerre.

Le royaume saoudien, qui fut l'un des principaux bailleurs de fonds de l'Afghanistan, a poursuivi son assistance aux réfugiés afghans après le lancement de la campagne militaire contre ce pays, à laquelle elle a refusé de prendre part malgré l'insistance de Washington.

M. Karzaï a été reçu par le roi Fahd et a eu un entretien avec le prince héritier Abdallah Ben Abdel Aziz, a-t-on appris auprès de la délégation afghane. Selon l'agence officielle SPA, M. Karzaï a informé le prince Abdallah "de la situation en Afghanistan et des efforts déployés par le gouvernement intérimaire pour assurer la stabilité, la sécurité et le développement de ce pays".

Selon une source diplomatique saoudienne, les dirigeants saoudiens devaient évoquer avec M. Karzaï le sort de leurs compatriotes qui combattaient aux côtés des talibans.

Qualifiant la visite de "succès", M. Abdallah a affirmé à la presse que Ryad avait fait part à M. Karzaï de son intention de rouvrir son ambassade à Kaboul, fermée après la rupture le 25 septembre des relations entre Ryad et le régime des talibans.

Cette rupture, décidée par Ryad après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, a été motivée par le refus du régime des talibans de livrer le terroriste présumé déchu de sa nationalité saoudienne Oussama ben Laden.

M. Karzaï s'est envolé dans la soirée vers Tokyo, via Abou Dhabi où il fera une escale technique, a-t-on ajouté de même source.

Le roi Fahd a été l'un des premiers dirigeants à avoir félicité M. Karzaï après sa désignation en décembre à la tête de l'administration afghane, tout en soulignant "l'importance de l'unité territoriale et du peuple d'Afghanistan".