Richard Reid disposait d'une logistique en Europe

AFP

La saisie d'e-mails envoyés par Richard Reid, le Britannique accusé d'avoir voulu faire exploser le vol Paris-Miami le 22 décembre, montre qu'il disposait d'une "logistique" en France et en Europe et le détail de son séjour à Paris, avant sa tentative, se précise de plus en plus.

Les policiers anti-terroristes de la DST et de la brigade criminelle de Paris ont établi que l'homme était un "habitué des cybercafés" tant à Paris, peu avant d'embarquer à l'aéroport de Roissy, qu'à Bruxelles où ils se sont rendus récemment, a-t-on indiqué samedi de sources proches des enquêteurs.

Ils ont saisi les disques durs des ordinateurs dont Reid, 28 ans, est supposé s'être servi à Paris, dans un cybercafé du 18ème arrondissement, et sont en possession de son "importante communication par mails tous azimuts en Europe". Ils ont retrouvé un "testament" qualifié de "décousu". On soulignait, de même source, "l'extrême difficulté technique" à "remonter toutes les connexions" de Richard Reid. "Tout concorde, dit un policier de l'anti-terrorisme, Reid est peut-être un amateur mais il a des liens avec l'Angleterre bien sûr, la Belgique ou l'Allemagne. Partout où il y a des soldats de Ben Laden".

Par ailleurs, toujours selon ces sources, la pentrite retrouvée dans ses chaussures a nécessité une préparation "avec l'aide de spécialistes" dont il reste à déterminer l'identité. Cette préparation "ressemble fortement aux formules d'explosifs" retrouvés chez d'autres islamistes interpellés en Belgique. Selon les policiers français, "il y a manifestement des liens entre Reid et ces hommes, qu'il faut établir avec précision, ainsi qu'avec le réseau Beghal".

Selon des informations non-sourcées parues samedi dans le quotidien La Provence de Marseille, Richard Reid a adressé un courrier électronique à plusieurs destinataires avant d'embarquer, dans lequel il se posait en "martyr de la cause islamiste".

D'autres sources proches du dossier ont par ailleurs confirmé que le FBI avait retrouvé sur Reid des éléments permettant de retracer le serveur qui hébergeait son adresse électronique. Reid avait échangé des e-mails avec un correspondant au Pakistan auquel il racontait qu'ayant été refoulé à Roissy il lui semblait difficile de recommencer. Pour réponse, son correspondant pakistanais lui avait conseillé de poursuivre.

Les policiers également réussi à reconstituer avec plus de précision l'itinéraire de Reid à Paris. Il y a séjourné entre les 17 et 22 décembre, principalement dans le 18ème. Il a acheté son billet pour les Etats-Unis dans l'agence de voyages Myriam, payant cash 1.981 euros (13.000 F). Les policiers ont également découvert qu'il avait laissé des messages sur internet à partir de l'hôtel Copthorne, près de Roissy, dont le disque dur a été saisi.

Les enquêteurs n'ont pas retrouvé le lieu où a dormi Reid à Paris malgré un "travail de fourmi" dans tous les hôtels du 18ème et autour de la gare du Nord où il a emprunté le RER. L'homme était méfiant, selon les quelques témoignages recueillis, sans téléphone portable, déjeunant seul dans un Mac Donalds ou un petit restaurant indien.

Les policiers pensent qu'il disposait d'une "planque" à Paris, ce qui les renforce dans l'idée d'une "structure" autour de lui.

Lundi, DST et brigade criminelle ont reçu la visite de cinq policiers du FBI et d'un procureur américain qui ont "salué leur travail" et avec qui ils ont "échangé des informations".

Richard Reid, qui risque la prison à vie, a plaidé vendredi non coupable devant un tribunal fédéral de Boston (Massachusetts).