Washington prêt à traquer ben Laden pendant dix ans

Les responsables américains ne se font plus d’illusion sur une capture rapide d’Oussama ben Laden et envisagent dorénavant une traque qui pourrait durer des années.

Les responsables américains ne se font plus d’illusion sur une capture rapide d’Oussama ben Laden et envisagent dorénavant une traque qui pourrait durer des années.

Et après plus de cent jours de campagne militaire en Afghanistan, ils cherchent à atténuer l’impression que la fuite de l’homme qu’ils tiennent pour responsable des attaques du 11 septembre 2001 contre New York et Washington les prive d’une victoire dans ce pays.

«Comme l’a dit le président (George W.) Bush, nous continuerons, que cela nous prenne un jour, un mois ou dix ans », a assuré dimanche le secrétaire d’Etat américain Colin Powell.

Il était interrogé sur la chaîne de télévision Fox sur le sort de ben Laden, dont le président pakistanais Pervez Musharraf pense qu’il n’a pas survécu à l’absence des soins requis par une insuffisance rénale.

«Je pense que le président Musharraf s’est livré à des spéculations », a déclaré M. Powell, qui se trouve à Tokyo pour une conférence sur la reconstruction de l’Afghanistan.

«J’ignore s’il a la preuve de ce qu’il avance, outre sa conviction qu’Oussama ben Laden avait besoin d’une dialyse et qu’il est mort du fait de son impossibilité à la subir », a-t-il poursuivi.

Les responsables américains laissent dorénavant planer une incertitude totale sur ce qu’ils savent, ou ne savent pas, au sujet de ben Laden, après l’avoir pourtant présenté comme à portée de main lors du siège de la région de Tora Bora dans l’est de l’Afghanistan au mois de décembre.

«La réalité des choses est qu’il peut être mort. Il peut être vivant. Il est peut-être en Afghanistan. Il est peut-être ailleurs. Nous le cherchons. Je suis persuadé que nous le trouverons », a déclaré le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld.

La possibilité d’une fuite de celui que le président américain George W. Bush veut «mort ou vif » est souvent évoquée par les responsables américains, qui mettent ouvertement en cause les forces locales afghanes.

«Il y a plusieurs endroits qui ont été cités », où il peut avoir trouvé refuge, a poursuivi M. Rumsfeld.

«Il a passé du temps au Soudan, en Somalie. Il a des alliés au Cachemire et en Tchétchénie. Il est originaire du sud de l’Arabie Saoudite sur la frontière avec le Yémen. Il y a donc un certain nombre de possibilités », a-t-il déclaré.

En dépit de cette incertitude, le secrétaire à la Défense a estimé que sa capacité de nuisance, et celle du chef des taliban le mollah Mohammad Omar, lui aussi en fuite, avaient été éliminées.

«Oussama ben Laden et Omar ne sont plus opérationnels, ne dirigent plus leurs réseaux terroristes. Ils ont été mis en déroute. Ils sont en fuite. Ils se cachent et nous les poursuivons », a assuré M. Rumsfeld.

Il a admis que la stratégie d’alliance avec des groupes locaux, qui a été au coeur de la campagne lancée par les Etats-Unis en Afghanistan, n’avait pas toujours fonctionné.

Elle a été critiquée par la presse et par des analystes qui ont suggéré que si les troupes américaines avaient été plus présentes sur le terrain, ben Laden et le mollah Omar auraient eu plus de mal à s’échapper.

«Il y a des endroits où les groupes locaux sont très pro-taliban et pro-Al Qaïda. Et ils ne veulent pas coopérer. Donc nous avons utilisé des forces d’autres régions d’Afghanistan et des troupes américaines », a reconnu M. Rumsfeld.

Et il a ajouté que les Etats-Unis envisageaient de mobiliser davantage leurs propres forces dans les futures opérations en Afghanistan.

«Nous ferons appel à ce dont nous avons besoin pour accomplir notre mission » a-t-il souligné. Et à la question de savoir si cette réponse signifiait plus de soldats américains engagés sur le terrain, il a répondu: «Oui, bien sûr ».

Cette indication intervient alors que les Etats-Unis remplacent progressivement leurs troupes de choc, les Marines, par des unités de l’armée de terre dans leur base de Kandahar (sud), signalant ainsi leur intention de maintenir dans cette région une présence significative pour une longue période de temps. (AFP)


Ben Laden mort? `Spéculations´ Le secrétaire d'État américain Colin Powell a qualifié dimanche de `spéculations´ les affirmations du président pakistanais Pervez Musharraf selon lesquelles Oussama Ben Laden était probablement mort de déficience rénale. `Je pense que le président Musharraf s'est livré à des spéculations´, a déclaré M. Powell sur la chaîne de télévision Fox News. `J'ignore s'il a la preuve de ce qu'il avance, si ce n'est sa conviction qu'Oussama Ben Laden avait besoin d'une dialyse et qu'il est mort du fait de son impossibilité à la subir´, a poursuivi le chef de la diplomatie américaine. Le président Musharraf avait déclaré vendredi à CNN que deux appareils à dialyse avaient été donnés en Afghanistan, l'un à `usage personnel´ de Ben Laden, l'autre `à usage général´. Il évoquait aussi la possibilité que Ben Laden se soit réfugié au Pakistan. (D'après AFP)