Gianfranco Fini rejoint la bande à Giscard

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a annoncé mercredi que son numéro deux, Gianfranco Fini, sera le représentant du gouvernement italien dans la Convention européenne qui doit préparer la réforme des institutions européennes.

RACHEL CRIVELLARO
Gianfranco Fini rejoint la bande à Giscard
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Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a annoncé mercredi que son numéro deux, Gianfranco Fini, sera le représentant du gouvernement italien dans la Convention européenne qui doit préparer la réforme des institutions européennes. `C'est un choix que le gouvernement officialisera vendredi lors du Conseil des ministres´, a précisé Silvio Berlusconi. L'annonce de cette nomination n'a - semble-t-il - pas suscité de réactions particulières dans les capitales européennes. Et ce, alors que l'Allemagne, la Grande-Bretagne ainsi que plusieurs autres Etats membres s'étaient déclarés opposés à la nomination d'un représentant du gouvernement italien à la Convention, car l'Italie a déjà obtenu au sommet de Laeken un des deux postes de vice-président, celui confié à l'ancien président du conseil italien Giuliano Amato. Pour mémoire, ce dernier avait d'ailleurs refusé de représenter le gouvernement de Silvio Berlusconi et même menacé de démissionner dans ce cas de figure.

La Convention européenne est présidée par l'ancien président de la République française Valery Giscard d'Estaing, assisté de deux vice-présidents, Giuliano Amato et l'ancien premier ministre belge Jean-Luc Dehaene. Outre ce triumvirat, la Convention comprendra également quinze représentants des gouvernements des Etats membres, trente membres des parlements nationaux (deux par pays), seize membres du Parlement européen et deux représentants de la Commission. Selon le quotidien économique `Il Sole 24 Ore´, l'opposition italienne pourrait obtenir un des deux postes réservés aux parlementaires et a avancé le nom de Massimo D'Alema, président des démocrates de gauche (DS, principal parti de l'opposition) et ancien chef du gouvernement.

SULFUREUX PASSÉ

Sur le plan politique italien, la désignation de M. Fini est interprétée par certains comme un lot de consolation pour avoir accepté de se retirer de la course au poste de ministre des Affaires étrangères - après la démission de Renato Ruggiero - et dont M. Berlusconi assure l'intérim.

Pour d'autres, il s'agirait plutôt de préparer le terrain au leader du parti post-fasciste Alliance Nationale (AN), en vue de le nommer - une fois devenu présentable - à la tête de la diplomatie italienne. L'acte de candidature de Gianfranco Fini au poste de ministre des Affaires étrangères avait en effet soulevé quelques réactions au sein des chancelleries européennes, inquiètes de la nomination d'un membre éminent du parti fasciste italien.

Conscient de cette image, Gianfranco Fini fait tout pour enterrer son sulfureux passé néo-fasciste. Il a ainsi renié publiquement, mardi, ses éloges du dictateur fasciste Benito Mussolini, prononcés il y a dix ans - à la grande colère d'ailleurs des faucons de son parti.

La petite-fille de Mussolini, Alessandra, députée d'Alliance nationale (AN, post-fasciste), s'est dite mercredi `dégoûtée´

par le virage du nouveau représentant du gouvernement italien à la Convention européenne.

© La Libre Belgique 2001