30.000 marcheurs «pour la paix» lancent le Forum Social

Alors qu’une pluie battante avait sévi une partie de la journée, le soleil s’est levé jeudi en fin d’après midi, permettant à près de 30.000 personnes de participer à la «marche pour la paix » qui s’est achevée avec un gigantesque concert, donnant le coup d’envoi du IIe Forum Social Mondial de Porto Alegre.

30.000 marcheurs «pour la paix» lancent le Forum Social
©EPA

Alors qu’une pluie battante avait sévi une partie de la journée, le soleil s’est levé jeudi en fin d’après midi, permettant à près de 30.000 personnes de participer à la «marche pour la paix » qui s’est achevée avec un gigantesque concert, donnant le coup d’envoi du IIe Forum Social Mondial de Porto Alegre.

De 25.000 à 30.000 personnes selon la police, 40.000 selon les organisateurs, ont défilé à travers la ville pendant deux heures dans une ambiance calme et bon enfant, respectant ainsi la volonté des organisateurs de se démarquer des manifestations de Seattle contre l’OMC en 1999 et de Gênes contre le G8 en 2001.

A l’arrivée, près du campement des jeunes dans un parc de la ville, le maire de la capitale de l’anti-mondialisation libérale, Tarso Genro, a déclaré à la foule que «des milliers et des milliers de personnes du monde entier regardent la lutte de Porto Alegre pour construire un autre monde ».

«Le Forum Social illumine la possibilité de contruire un monde de paix, mais avec les principes de citoyenneté, d’égalité et de démocratie », a ajouté l’édile, membre du Parti des travailleurs, principal parti d’opposition de gauche.

«Je vous reçois avec la certitude que nous sommes en train de construire un monde nouveau et juste qui ne pourra être bâti qu’avec la fin du système néolibéral égoïste », a-t-il déclaré.

De nombreuses personnalités avaient tenu à s’associer à la marche: «Lula », leader historique du PT, Noël Mamère candidat Vert à l’élection présidentielle française, Bernard Cassen, président d’Attac-France, entre autres.

Mais parmi les manifestants les plus remarquables, la délégation argentine n’a pas failli a son concert de casseroles, devenues le symbole de la faillite de leur pays qui a connu de récentes émeutes de la faim.

«Dans le monde que nous voulons, il n’y a pas de place pour les néolibéraux qui ont conduit l’Argentine à la banqueroute », a clamé un responsable du PT, du haut d’un camion de sono, alors que la foule reprenait en coeur le slogan «Brésil, Colombie, Argentine: l’impérialisme en Amérique latine, dehors ! ».

Juste avant le départ, les organisateurs avaient lancé un appel pour que la manifestation se déroule dans le calme, mais en tout état de cause, les commerçants n’avaient pas baissé le rideau de fer.

Le cortège était égayé de pétards, de percussions et de multiples drapeaux rouges, des mouvements des Sans terre (MST) et des sans logis (MNLM), du PT et de la Centrale unique des travailleurs (CUT), mais aussi verts, des mouvements de paysans comme l’internationale Via Campesina et des associations écologistes, et blancs, symbole de la paix.

Cette manifestation hétéroclite a aussi accueilli l’extravagance d’associations de gays, lesbiennes et travestis, mais aussi des Indiens, de différentes ethnies du Brésil, venus demander la délimitaton des terres, l’accès à l’éducation et à la santé.

«Nous rejetons tous les projets du gouvernement qui empiètent sur les territoires indigènes comme la construction de barrages hydrauliques, la construction de routes et l’exploitation du bois et nous revendiquons un nouveau statut pour les Indiens », a déclaré l’un des représentants de la tribu Pataxo (Bahia, nord-est). (AFP)