Le `cacerolazo´ de Porto Alegre

Bien sûr, un fond de samba imprègne toujours l'atmosphère - Brésil oblige - mais c'est bien le concert de casseroles qui déchire les oreilles. Jeudi soir, sous un ciel redevenu miraculeusement clément, la grande fratrie des altermondialistes a défilé pacifiquement dans les rues de Porto Alegre. Un cortège haut en couleurs mené par le Portugais Mario Soares et par les pontes du Parti des travailleurs (PT) brésilien, maître du Rio Grande Do Sul. Les délégations des partis socialistes d'Amérique latine sont venues en force, mais c'est le contingent argentin qui, avec son `cacerolazo´ - concert de casseroles - a ravi la vedette. Pour la cause, le Fonds monétaire international (FMI) a reçu quelques volées de bois vert et les répliques de dollars et d'euros géants ont servi de bûcher expiatoire. Les organisateurs avaient toutefois discrètement été priés d'y aller doucement sur l'antiaméricanisme. Aucune bannière étoilée n'a été exhibée, par respect pour le peuple américain. Les syndicats, les Verts, les associations et autres `contestataires´ individuels n'étaient toutefois pas en reste: cela allait des Indiens du Brésil aux jeunes Québécois en passant par les grandes figures de l'antimondialisation libérale. Tous ont respecté la volonté des organisateurs de se démarquer des manifestations de Seattle contre l'OMC en 1999 et de Gênes contre le G 8 en 2001. Cette `marche pour la paix´ s'est achevée dans l'amphithéâtre en plein air Pôr-do-sol, au bord du gigantesque lac Guaiba. La monotonie des discours - entrecoupés par quelques pauses musicales - a eu raison d'un public rapidement démangé par une envie pressante de faire la fête. Contrairement à Rio de Janeiro, le carnaval ne commence que dans une semaine à Porto Alegre. Cela n'a pas empêché la tribu des altermondialistes de prendre de l'avance dans les bars de la ville. (R.C., à Porto Alegre)

© La Libre Belgique 2001