Journée de protestation

Les militants anti-mondialisation ont défilé sous forte garde policière samedi à New York pendant que les grands de ce monde se penchaient, au Forum économique mondial, sur l'état de l'économie et l'aide aux plus pauvres.

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Journée de protestation
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Les militants anti-mondialisation ont défilé sous forte garde policière samedi à New York pendant que les grands de ce monde se penchaient, au Forum économique mondial, sur l'état de l'économie et l'aide aux plus pauvres.

Seul moment fort de protestation attendu pour cette édition 2002 du Forum de Davos (Suisse), qui a pris ses quartiers exceptionnellement cette année à New York par solidarité avec la ville après les attentats du 11 septembre, le défilé s'est ébranlé à la mi-journée avec 1.000 à 2.000 personnes.

Les manifestants, qui brandissaient des banderoles réclamant "De l'argent pour des emplois, pas pour la guerre " ou "Stop à la guerre contre les pauvres", ont quitté les abords de Central Park pour le palace du Waldorf Astoria où sont reclus les participants du Forum.

Par crainte de débordements, un puissant dispositif policier avait été mis en place tout au long du cortège.

Les manifestants étaient encadrés par des forces anti-émeutes. Chaque entrée d'immeuble, chaque cible potentielle incarnant la mondialisation - comme la chaîne de cafés Starbucks - était soigneusement gardée par un groupe de policiers.

Jusqu'ici, les protestataires sont restés très discrets par rapport à d'autres éditions de Davos ou d'autres grandes réunions internationales, comme celles du G8 ou de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), régulièrement émaillées d'indicents, parfois violents.

Pendant ce temps, dans l'enceinte du Waldorf Astoria, responsables politiques, patrons de multinationales et personnalités de la société civile tentaient de répondre aux défis posés par le terrorisme et la pauvreté.

"L'économie mondiale reste faible" mais "vraiment la reprise est en route", notamment aux Etats-Unis, a affirmé le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Horst Koehler.

Le ministre francais des Affaires étrangères Hubert Védrine a estimé pour sa part qu'il y avait cette année dans l'air du Forum "comme une mauvaise conscience chez les pays riches" après les attentats.

Les avis restent toutefois partagés sur la lutte contre la pauvreté dans le monde et la responsabilité des pays les plus industrialisés.

e chanteur Bono, qui milite activement pour la suppression de la dette des pays les plus pauvres, a montré du doigt la politique américaine "qui voudrait faire quelque chose pour l'Afrique mais ne veut pas gaspiller l'argent des contribuables".

Le secrétaire américain au Trésor, Paul O'Neill, a répondu qu'il était possible d'atteindre partout le niveau des vie des Etats-Unis avec une meilleure éducation et d'autres institutions étatiques.

Le fondateur du groupe Microsoft, Bill Gates, qui a mis des centaines de millions de dollars dans une fondation charitable, a aussi souligné la nécessité d'apporter une aide médicale plus soutenue.

Trente millions d'enfants ne sont pas vaccinés, a-t-il dit. "Cela peut être résolu avec des sommes très modestes", a-t-il souligné.

Le Forum social mondial de Porto Alegre a pour sa part retenti samedi des slogans de manifestations successives contre les violences policières, en faveur des Palestiniens et des féministes, avant de céder la place aux acclamations accueillant le charismatique leader du Parti des travailleurs (PT) brésilien, Luiz Inacio "Lula" Da Silva, qui semblait déjà en campagne électorale.

Samedi vers midi, une centaine de personnes ont occupé les marches du hall pour protester contre le gouverneur de Brasilia, accusé d'inciter "le peuple à la violence raciste".

Ce sont ensuite 200 membres de la Centrale générale du Travail brésilienne et de la Fédération syndicale mondiale, qui ont manifesté pour "une Palestine libre".

Deux heures plus tard, des femmes de tous les continents ont défilé au son de leurs sifflets pour dénoncer toutes les formes d'intégrisme, avec le slogan décliné en T-Shirt, macarons, pancartes et affiches "tu boca fundamental contra los fundamentalismos" (ta parole est indispensable contre l'intégrisme).

Mais rien n'a égalé la ferveur qui se dégageait de plus de 2.000 participants au FSM lors du discours de Luiz Inacio "Lula" da Silva.

Devant une salle comble ou dans l'allée centrale devant un écran géant, c'est un mur humain qui scandait "Lula, président". Candidat par trois fois malheureux à l'élection présidentielle au Brésil, le candidat "disponible" encore une fois pour octobre 2002 a souligné qu'il fallait "trouver une autre façon de faire de la politique".

Selon les organisateurs, quelque 60.000 personnes venues de 150 pays participaient samedi au Forum de Porto Alegre.