Porto Alegre crée son réseau mondial

Le Forum parlementaire mondial (FPM) de Porto Alegre a critiqué la politique des Etats-Unis et du Fonds monétaire international (FMI) et tracé les contours de son réseau mondial.

Porto Alegre crée son réseau mondial
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Le Forum parlementaire mondial (FPM) de Porto Alegre a critiqué la politique des Etats-Unis et du Fonds monétaire international (FMI) et tracé les contours de son réseau mondial.

Quelque 1.115 parlementaires de 40 pays ont fait le déplacement, avec cette année encore une forte prédominance de l’Amérique latine (513 Brésiliens, 70 Argentins) et de l’Europe (78 Italiens, 77 Français, 31 Belges, 30 Espagnols) qui avaient co-fondé l’année dernière le FPM, et une représentation encore symbolique des autres continents avec 1 député de Brunei, 1 de Chine, 1 du Maroc et 1 d’Inde.

Le rendez-vous a d’ores et déjà été pris pour 2003, une fois de plus à Porto Alegre. Le FPM devrait se dérouler dans le même temps, avec l’espoir de mieux équilibrer les représentations via un système de parrainage financier.

Si «cette expérience inédite est ouverte à toutes les tendances politiques, les députés présents sont essentiellement du camp progressiste et se positionnent contre le néolibéralisme », a reconnu Aluizio Mercadante, député brésilien du Parti des Travailleurs.

Les parlementaires ont adopté samedi soir une dizaine de résolutions soit à l’unanimité, soit par un «très large consensus » (qui reste le mode de fonctionnement du Forum).

Les Etats-Unis ont été vivement critiqué les déclarations de Georges W. Bush et de ses secrétaires Rumsfeld et Powell qui désignaient l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord comme les prochaines cibles dans la lutte contre le terrorisme, puis le blocus contre Cuba a été «condamné ».

La conception qu’ils soutiennent pour la création en 2005 de la Zone de libre échange des Amériques (Alena) a elle aussi été mise en question, de même que le «Plan Colombie » - une initiative du président Pastrana pour lutter contre le trafic de drogue et soutenu par les Etats-Unis- le qualifiant «d’ingérence directe », sans parler de la déclaration de solidarité envers l’Argentine qui accuse le FMI.

Le Proche-Orient a fait l’objet d’un texte qui demande le retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens et la création d’un Etat palestinien tout en condamnant le terrorisme de tous bords.

Les parlementaires ont aussi donné de la consistance au Réseau mondial, dont le principe avait été acté l’an passé. Il dispose d’un forum et de communication sur l’internet et doit s’organiser en pôle régionaux, dont deux existent déjà, l’européen (Parlement européen) et le sud-américain (le réseau Sao Paulo).

Le réseau doit permettre «d’organiser des campagnes internationales et deux sujets sont déjà à l’ordre du jour de la mobilisation des parlementaires du FPM: les conférences de Monterrey (Mexique) et de Johannesburg (Afrique du Sud).

La première conférence sur le financement de l’aide publique au développement, »mais les pays riches vont arriver les mains vides alors que le rapport d’étape fixe à 50 milliards de dollars par an la somme nécessaire pour les pays en voie de développement«, a souligné Harlem Désir, député socialiste français.

Le réseau doit permettre »d’exercer une pression simultanée tant dans les pays du Nord que du Sud pour créer un rapport de force et obliger les gouvernements à s’engager sur une taxe internationale«, a-t-il ajouté.

»La situation sera la même pour Rio+10 à Johannesburg (nouveau Sommet de la Terre) avec un rapport d’étape, des accords qui ne sont pas entrés en vigueur et des pays qui n’y vont pas pour s’engager«, a déploré Monica Frassoni, député italienne Vert.

Par ailleurs, les parlementaires entendent »exercer un contrôle sur ce que font leurs gouvernements respectifs dans les organisations internationales«, a indiqué M. Désir, estimant que

»les gouvernements européens sont en partie responsables de la crise argentine car, au sein du FMI, les Européens ont plus de voix que les Etats-Unis au FMI«. (AFP)