`Nous ne gouvernons pas le monde!´

Tous les participants le reconnaissent: la version 2002 du Forum économique mondial, qui a fermé ses portes lundi à New York, n'a pas beaucoup ressemblé aux éditions précédentes. Voici le témoignage de l'un des Belges présents à New York, Philippe de Buck van Overstraeten, secrétaire général de la Fédération patronale européenne.

PAR NICOLAS GHISLAIN
`Nous ne gouvernons pas le monde!´
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ENTRETIEN

Tous les participants le reconnaissent: la version 2002 du Forum économique mondial, qui a fermé ses portes lundi à New York, n'a pas beaucoup ressemblé aux éditions précédentes. Et pour cause, passer des cimes enneigées de Davos au béton de New York a représenté un certain choc pour les quelque 3 000 personnes qui ont arpenté les couloirs du Waldorf Astoria. Voici le témoignage de l'un des Belges présents à New York, Philippe de Buck van Overstraeten, secrétaire général de la Fédération patronale européenne (Unice).

New York, c'était une bonne ou une mauvaise idée?

L'objectif était d'exprimer la solidarité avec cette ville durement touchée et de célébrer New York. Pour beaucoup de participants, il s'agissait d'ailleurs du premier retour à New York depuis le 11 septembre et c'était important et symbolique. Le revers de la médaille a été le déploiement de forces de l'ordre, inévitable dans les circonstances actuelles mais qui ne facilitait pas les contacts ni le travail.

Sur ce point, l'expérience a été très différente de ce qu'elle est en Suisse. Nous nous sommes un peu sentis confinés pendant ces quelques jours et le seul regret que j'ai est de ne pas avoir eu autant de contacts que lorsque nous nous retrouvons à Davos.

Le 11 septembre a été au centre de toutes les conversations...

Evidemment. Et la lutte contre le terrorisme en filigrane de beaucoup de travaux du Forum.

Il est d'ailleurs assez remarquable que le Forum ait accueilli la plupart des leaders religieux de la planète, du grand rabbin de Jérusalem au président de la Conférence islamique, en passant par l'archevêque de Canterbury, des représentants du Vatican et de la religion bouddhiste.

Le contexte économique morose a-t-il donné une couleur particulière au Forum?

Certainement. J'ai eu la nette impression en tout cas que l'heure n'était, et sans doute beaucoup moins que les années précédentes, au triomphalisme. La plupart des chefs d'entreprise qui se sont retrouvés à New York ont plutôt adopté un profil bas. Cela a par exemple été le cas de Louis Schweitzer, patron de Renault, qui a souligné combien, pour de nombreuses sociétés, l'heure était à la consolidation et qu'il était urgent de repenser les relations à l'intérieur des entreprises.

Chaque année, la question revient: quelle est la véritable utilité du Forum économique de Davos?

Le Forum est un grand rassemblement qui permet des contacts, des échanges de vue incomparables étant donné la qualité et le nombre des participants. Mais il faut le prendre comme tel. Il n'est ni un gouvernement mondial ni un congrès universitaire où l'on vient présenter des thèses scientifiques. C'est un forum et ce n'est qu'un forum mais à ce titre il a une grande valeur à mes yeux et je suis d'ailleurs surpris et déçu qu'il provoque tant de réactions hostiles.

© La Libre Belgique 2001