Décès de la reine-mère

Le Royaume-Uni était orphelin samedi après le décès de la reine-mère qui, à l’âge de 101 ans, était le membre le plus populaire et le plus respecté d’une famille royale qui a souvent défrayé la chronique. Dès l’annonce du décès, une foule nombreuse a commencé à affluer autour des grilles du palais ainsi qu’aux abords du château de Windsor.

AFP
Décès de la reine-mère
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Le Royaume-Uni était orphelin samedi après le décès de la reine-mère qui, à l’âge de 101 ans, était le membre le plus populaire et le plus respecté d’une famille royale qui a souvent défrayé la chronique.

La mort de la reine-mère a été annoncée par un communiqué laconique du palais de Buckingham: «la reine, avec la plus grande tristesse, a demandé à ce que l’annonce suivante soit faite immédiatement. Sa mère bien-aimée, la reine Elizabeth, est morte tranquillement pendant son sommeil à Royal Lodge, à Windsor. Les membres de la famille royale ont été informés».

La santé de la reine-mère «s’était fragilisée au cours des dernières semaines à la suite d’une mauvaise infection des bronches accompagnée de toux à l’époque de Noël», a ensuite expliqué un porte-parole.

«Son état de santé s’est détérioré ce matin (ndlr: samedi) et des médecins ont été appelés. La reine Elizabeth (ndlr: la reine-mère, mère de la reine Elizabeth II) est décédée tranquillement pendant son sommeil à 15h15 (locales et GMT) à Royal Lodge», à Windsor. «La reine (Elizabeth II) était à ses côtés», a-t-il ajouté.

Immédiatement, et pour la deuxième fois depuis le début de l’année, l’Union Jack flottant sur le palais de Buckingham a été mis en berne.

Le 9 février, c’était à l’occasion du décès à l’âge de 71 ans de la princesse Margaret, fille de la reine-mère et soeur cadette de la reine Elizabeth II.

Cette nouvelle tragédie survient alors que la reine Elizabeth II a commencé à célébrer le Jubilé marquant ses cinquante ans de règne.

Dès l’annonce du décès, une foule nombreuse a commencé à affluer autour des grilles du palais, situé au coeur de la capitale, ainsi qu’aux abords du château de Windsor (ouest de Londres) et de Clarence House, la résidence londonienne de la reine-mère.

Le prince Charles, en vacances à Klosters (Suisse) avec ses deux fils William et Harry, s’est pour sa part déclaré «effondré» en apprenant la mort de la reine-mère. Il regagnera Londres dimanche matin, a indiqué son attachée de presse.

Les réactions ont immédiatement afflué.

La reine-mère, a ainsi affirmé le Premier ministre Tony Blair, était un symbole de «droiture et de courage». «Tout au long de sa longue et extraordinaire existence, son élégance, son sens du devoir et son remarquable appétit de vivre l’ont amenée à être aimée et admirée par des gens de tous âges et de toutes conditions, à être vénérée dans notre pays comme à l’étranger», a résumé le chef du gouvernement, pour qui la reine-mère «faisait partie de la fibre de ce pays».

«J’ai vu que le drapeau était descendu à mi-mât et ai tout de suite réalisé que quelque chose était arrivé», a pour sa part déclaré un touriste britannique, David Allen-Rogers, qui se trouvait devant le palais de Buckingham. «Ma réaction immédiate a été faite de tristesse et de surprise», a-t-il dit.

«La reine-mère représentait tout ce qui était bien dans ce pays», a renchéri Janet Waistell, une autre touriste.

Les célébrations de son centenaire, en août 2000, avaient permis de mesurer la popularité d’une Queen Mum qui était devenue l’ultime symbole d’une certaine idée de la monarchie héritée de la splendeur victorienne, stable et prestigieuse, à défaut d’être moderne.

Devenue veuve du roi George VI en 1952, à 51 ans, elle était restée une proche conseillère de sa fille Elizabeth, avec laquelle elle partageait sa passion des chevaux et des chiens. La presse lui prêtait aussi un goût, plutôt sympathique, pour le gin-tonic.

Dotée d’une santé exceptionnelle, elle n’avait vu sa santé décliner qu’à partir de 94 ans, quand elle avait subi des opérations à la hanche.

La «grand-mère préférée des Britanniques» sera enterrée dans une chapelle du château de Windsor, où repose déjà son mari, le roi George VI.

Le calendrier précis de ses obsèques n’avait pas encore été annoncé samedi soir. Les funérailles officielles auront lieu à l’abbaye de Westminster.


La reine-mère Elizabeth, morte samedi à l’âge de 101 ans, avait battu en 1998 - à 97 ans et 314 jours - le record de longévité d’un membre de la famille royale britannique. Jusque là, le record était détenu par la princesse Alice, comtesse d’Athlone, morte le 3 janvier 1981 à l’âge de 97 ans et 313 jours. La «grand-mère préférée des Britanniques» détenait un autre record, celui de «reine-mère». En effet, si elle n’a régné au côté du roi George VI que 16 ans (de 1936 à 1952), elle aura été reine-mère durant un demi-siècle, de 1952 à 2002. Sa fille, la reine Elizabeth II, règne pour sa part depuis 50 ans, (depuis février 1952) et est, à ce titre, l’une des plus anciennes têtes couronnées au monde. La reine Victoria, morte en 1901 à l’âge de 81 ans, avait pour sa part régné de 1837 à 1901, soit 63 ans. Parmi les monarques européens, morts très âgés et aux règnes les plus longs, on peut encore citer Gustav V de Suède, né en 1858 et mort en 1950 à 92 ans, qui règna durant 43 ans de 1907 à sa mort. Parmi les règnes les plus longs, on compte notamment celui du prince Rainier III de Monaco, agé de 79 ans, qui dirige la Principauté depuis 53 ans.