A la Bastille, contre Le Pen

A la Bastille, contre Le Pen
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A Paris, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées place de la Bastille, où devaient converger plusieurs cortèges. On ne signalait aucun incident et les forces de l'ordre étaient extrêmement discrètes.

Selon des témoins, le boulevard Voltaire reliant la place de la République à la place de la Bastille était noir de monde et l'on évaluait à au moins 10.000 personnes le nombre des manifestants. Scandant "Le Pen dehors, Chirac en prison", les manifestants, des jeunes dans leur majorité, étaient issus de plusieurs organisations d'extrême gauche et de défense des droits de l'homme.

"Je suis effondré, c'est consternant. J'ai pas mal hésité entre Jospin et Mamère. J'aurais dû choisir Jospin", confiait avec un sourire contraint Eric, 29 ans, enseignant et chercheur. Edith, 24 ans, étudiante en histoire, raconte avoir "pleuré pendant une demi-heure" en apprenant la deuxième place du président du Front national. Jacqueline, 57 ans, responsable du personnel dans une entreprise publique, s'avoue "littéralement catastrophée". "C'est bien que certaines personnes aient les moyens de réagir", ajoute-t-elle.

Plusieurs centaines de personnes, parties du quartier des Halles, dans le centre de la capitale, se rendaient quant à elles en cortège vers la place de la République avec en tête une banderole de Ras l'Front, et en déployant notamment des drapeaux de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

EN PROVINCE

A Grenoble, entre 1.500 et 2.000 manifestants se sont réunis près du palais de justice pour manifester contre le Front national, tandis que 2.000 personnes environ se sont rassemblées à Lyon.

A Strasbourg, environ 4.000 personnes, selon la police, se sont réunis dans le centre-ville en scandant "Le Pen, t'es foutu, les Français sont dans la rue" et "Le fascisme ne passera pas".

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