Les émules européens de Jean-Marie Le Pen

Le dirigeant d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, qui a réussi dimanche une percée sans précédent au premier tour de l’élection présidentielle française, a suscité depuis quelques années des émules aussi bien dans les vieux pays de l’Union européenne que dans les nouvelles démocraties de l’est.

Le dirigeant d’extrême droite Jean-Marie Le Pen, qui a réussi dimanche une percée sans précédent au premier tour de l’élection présidentielle française, a suscité depuis quelques années des émules aussi bien dans les vieux pays de l’Union européenne que dans les nouvelles démocraties de l’est.

Joerg Haider en Autriche, Umberto Bossi en Italie, Pim Fortuyn aux Pays-Bas, Philip Dewinter en Belgique, Pia Kjaersgaard au Danemark et Corneliu Vadim Tudor en Roumanie illustrent cette poussée xénophobe en Europe.

- JOERG HAIDER

L’extrême-droite en Autriche est arrivée il y a deux ans au pouvoir avec les conservateurs, dirigée d’une main de fer par Joerg Haider, un populiste doté d’un redoutable talent d’orateur.

Né en 1950 en Haute-Autriche (centre) d’un père cordonnier membre du Parti national-socialiste, Joerg Haider a été élu président de la droite nationaliste (FPOe) en 1986, qu’il a fait passer de 5% des voix à 27% aux dernières élections législatives.

En mai 2000, il a abandonné cette fonction après avoir renoncé à entrer dans le gouvernement de coalition «bleu-noir» sous la pression de l’Union européenne.

La carrière de M. Haider a été marquée par des dérapages verbaux, comme en 1995, quand il a affirmé qu’il «fallait rendre honneur» à la Waffen-SS.

Doté d’un incontestable talent d’orateur, il critique régulièrement avec des accents xénophobes la politique d’immigration du gouvernement, les privilèges des partis au pouvoir, l’euro et l’élargissement à l’Europe à l’Est.

- UMBERTO BOSSI

Trublion de la vie politique italienne, Umberto Bossi, 60 ans, leader-fondateur de la Ligue du nord, mouvement populiste et xénophobe, est l’allié imprévisible et encombrant de Silvio Berlusconi dont il est le ministre des Réformes et de la décentralisation.

Réelu début mars secrétaire général de la Ligue, il a radicalisé ses positions pour tenter d’enrayer la perte d’influence de son mouvement, passé de 10,1% des voix en 1996 à 3,2% lors des élections législatives en mai 2001.

Médecin raté, ex-enseignant en électronique, il a mis à plusieurs reprises Silvio Berlusconi dans l’embarras par ses déclarations contre l’immigration et l’Europe, ses deux bêtes noires, et par ses attaques contre les syndicats.

- PIM FORTUYN

Le leader populiste néerlandais Pim Fortuyn, qui a surpris les Pays-Bas en obtenant un important succès aux élections municipales en mars, est un dandy qui revendique avec fierté son homosexualité tout en distillant des slogans anti-immigration.

Pim Fortuyn et son parti ont raflé le 7 mars plus d’un tiers des sièges au conseil municipal de Rotterdam, devenant le premier parti de la cité portuaire.

Né en 1948 dans une famille catholique conservatrice, ce professeur de sociologie a réclamé la suppression du premier article de la Constitution qui interdit les discriminations et a résumé sa politique sur l’immigration par une formule-choc : «les Pays-Bas sont pleins».

Alors que la plupart des politiciens se targuent de leur style de vie modeste, Pim Fortuyn se distingue avec sa voiture de luxe avec chauffeur, son tailleur personnel et ses deux petits chiens de salon.

- FILIP DEWINTER

A 40 ans, Filip Dewinter, leader charismatique du parti d’extrême droite flamand Vlaams Blok, rêve de devenir bourgmestre (maire) d’Anvers en 2006 et de conquérir la Flandre.

Originaire de Bruges (ouest), marié et père de trois filles, Filip Dewinter est devenu en 1987 le plus jeune député fédéral jamais élu en Belgique.

En écrivant en 1989 un petit livre intitulé «Eigen Volk Eerst» (Notre peuple d’abord), il axe l’idéologie de son parti, qui défendait jusqu’alors surtout l’indépendance de la Flandre, autour du thème de l’immigration.

Il a fait du Vlaams Blok le principal parti d’Anvers, la deuxième ville du pays, lui permettant d’atteindre le score de 33% lors des élections municipales d’octobre 2000. Aux élections législatives de 1999, il avait gagné 15,5% des suffrages en Flandre.

- PIA KJAERSGAARD

Le Parti du Peuple danois (PPD, extrême droite) est dirigé par une «Dame de fer», Pia Kjaersgaard, qui a catapulté aux élections du 20 novembre dernier cette formation, créée en 1995, à la troisième place de l’échiquier politique au Parlement, avec 12% des voix et 22 sièges sur 179.

Cette blonde quinquagénaire, devenue la partenaire incontournable du gouvernement libéral-conservateur minoritaire, a imposé sa politique ultra-restrictive en matière d’immigration et dénonce l’insécurité.

«Les étrangers constituent le grand problème de l’histoire du Danemark», dit cette aide-soignante de 54 ans.

- CORNELIU VADIM TUDOR

Leader de l’extrême droite roumaine, le sénateur Corneliu Vadim Tudor est un tribun ouvertement xénophobe et antisémite qui a fait de son parti Romania Mare (PRM, opposition) la deuxième force politique du pays lors de l’élection présidentielle de 2000.

Ce sociologue âgé de 52 ans, chantre de l’ancien dictateur communiste Nicolae Ceausescu, affirme lutter contre la «transformation de la Roumanie en une colonie étrangère».

Ses cibles privilégiées sont les Juifs, considérés comme la «source de tous les maux», la minorité hongroise et les Tziganes qu’il envisage d’enfermer dans «des ghettos».

De plus en plus isolé sur la scène politique, il continue toutefois à bénéficier d’une cote de popularité élevée (entre 15% à 17%, selon les sondages) auprès de l’électorat. (AFP)

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