Chirac crée un parti unique de droite

L’onde de choc provoquée par le succés du candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen à la présidentielle en France s’est prolongée mardi avec des manifestations tandis que le président Jacques Chirac créait un grand parti de droite qu’il souhaite unique et que les socialistes tentaient de resserrer les rangs pour éviter en vue des législatives de juin.

Chirac crée un parti unique de droite
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L’onde de choc provoquée par le succés du candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen à la présidentielle en France s’est prolongée mardi avec des manifestations tandis que le président Jacques Chirac créait un grand parti de droite qu’il souhaite unique et que les socialistes tentaient de resserrer les rangs pour éviter en vue des législatives de juin.

Ils étaient plus de 100.000 personnes, surtout des lycéens et étudiants, à manifester lundi dans toute la France. A nouveau mardi, des défilés se sont multipliés dans tout le pays aux cris de «Nous sommes tous des immigrés » ou «Sauvons la République ».

La mobilisation devrait s’intensifier encore en fin de semaine à Paris avec une grande manifestation annoncée samedi, ainsi que la semaine prochaine à l’occasion des traditionnels défilés du 1er mai organisés par les syndicats, partis de gauche et mouvements de défense des droits de l’homme.

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Au niveau politique, les partis se remettent en ordre de bataille d’abord pour le second tour de l’élection présidentielle du 5 mai où le président Chirac sera face à Jean-Marie Le Pen mais surtout pour les législatives de juin.

Pour la première fois depuis 1969, aucun candidat de gauche ne sera présent au second tour du scrutin présidentiel, l’actuel Premier ministre socialiste Lionel Jospin ayant été éliminé avec 16,18% des voix derrière MM. Chirac (19,88%) et Le Pen (16,86%).

M. Chirac a décidé de mobiliser ses troupes en créant un parti de droite qu’il souhaite unique pour mener la bataille suivante, celle des élections législatives des 9 et 16 juin.

«Aujourd’hui, s’impose la nécessité d’une véritable majorité présidentielle autour de notre projet. C’est seulement sur ces bases que nous pourrons gagner les (élections) législatives », a-t-il dit, lundi, aux parlementaires de droite.

Cependant cette «Union pour la majorité présidentielle », annoncée mardi, est combattue par ses deux principaux alliés, François Bayrou et Alain Madelin, respectivement présidents de l’Union pour la démocratie française (UDF, centre-droit) et de Démocratie libérale (DL).

Le poids croissant de l’extrême droite pourrait empêcher la victoire des partis conservateurs aux législatives en cas de triangulaire. Selon le quotidien Le Monde (centre-gauche) daté de mercredi, l’extrême droite pourrait arbitrer 319 circonscriptions sur un total de 577 lors du deuxième tour de l’élection législative, favorisant ainsi, comme en 1997, la victoire de la gauche.

Les socialistes s’efforcent eux aussi de tirer les leçons de leur échec magistral de dimanche, et leur dirigeants, à chaud, ont stigmatisé l’abstention qui a atteint le taux record de 28,40% et fortement pénalisé leur candidat. Ils mettent aussi leur échec sur le compte d’une trop grande «dispersion des forces progressistes » avec cinq candidats de gauche et trois d’extrême gauche.

Cette dispersion est aujourd’hui la hantise des dirigeants socialistes qui ont commencé à rencontrer leurs alliés pour trouver «les moyens de présenter une candidature unique » partout où il y a un risque que la dispersion à gauche puisse faire passer la droite ou l’extrême droite.

Enfin la question d’un débat télévisé entre les deux candidats à la présidentielle du 5 mai n’est toujours pas réglée. La conseillère en communication du président, sa fille Claude Chirac, envisage un «débat à l’américaine », avec les deux candidats côte à côte debout derrière des pupitres, pour éviter un face à face avec M. Le Pen, un redoutable débatteur.

Ce dernier a répondu mardi qu’«il ne saurait y avoir qu’un débat en face à face ». «C’est le débat traditionnel en France, c’est le débat que réclament les Français. Il ne saurait y avoir aucune autre formule plus ou moins combinarde à l’américaine », a-t-il notamment déclaré (AFP)


Plus de 70.000 personnes, selon un décompte effectué par l'AFP, essentiellement des jeunes, ont manifesté mardi dans les rues des villes de France pour marquer leur opposition à l'extrême droite, dont le chef de file Jean-Marie Le Pen affrontera Jacques Chirac au second tour de l'élection présidentielle. Dans toutes les régions françaises, même celles où l'extrême droite a obtenu un bon voire un très bon score, dans les petites, moyennes ou grandes villes, des jeunes, collégiens, lycéens du privé comme du public, et étudiants ont défilé en ordre dispersé ou en cortège unique pour montrer leur colère ou leur inquiétude. Les manifestations les plus importantes, regroupant chaque fois quelque 5.000 personnes ou plus, ont eu lieu notamment à Lyon, Le Havre ou Le Mans, mais de très nombreuses villes ont réuni chacune entre 2.000 et 4.000 manifestants. Dans la plupart des villes, de gros rassemblements devaient commencer vers 18h00 ou 19h00. Partout, des slogans variés ont rythmé ces manifestations spontanées souvent bruyantes mais sans incidents notables signalés. «F comme fasciste, N comme nazi, à bas, à bas le Front national ! », «Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d'immigrés ! », étaient les refrains les plus repris. (BELGA)

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