Chirac, bien sûr. Mais demain ?

B.DL. (à Paris)
Chirac, bien sûr. Mais demain ?
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Le Président-candidat a récolté quelque 82 pc des suffrages, écrasant son concurrent Jean-Marie Le Pen.

Mais le troisième tour, électoral et social, s'annonce moins aisé pour lui, ses adversaires recommençant à mobiliser contre la droite.

Sursaut civique. Ce second tour a été marqué par une nette diminution du taux d'abstention par rapport au premier tour.

C'est un Chirac plus gaullien que jamais - dans la nature de ses propos, dans les termes qu'il a choisis, mais aussi dans sa posture et sa voix - qui s'est adressé dimanche soir à des milliers de partisans réunis sous la pluie battante sur la place de la République à Paris, haut-lieu des manifestations anti-Le Pen.

Réélu haut la main avec quelque huit suffrages exprimés sur dix, le Président de la République a rendu un hommage vibrant à `la France debout, la France forte, la France fière, la France fidèle à ses valeurs, la France rassemblée´. La France `a refusé la tentation de l'intolérance et de la démagogie´, s'est réjoui le chef de l'Etat. `Elle a dit sa volonté de changement et de renouveau dans l'ouverture et la concorde nationale´. Comme Charles de Gaulle quarante ans plus tôt, Jacques Chirac a affirmé avoir `compris´ les Français. Il a qualifié le verdict des urnes de `choix fondateur, qui renouvelle le pacte républicain´ et s'est engagé à placer son second mandat sous le signe de l'action, de l'efficacité, du rassemblement et de la proximité.

Avec 18 pc des suffrages, l'adversaire malheureux de Jacques Chirac, Jean-Marie Le Pen, n'est donc pas parvenu à rassembler au-delà de l'électorat traditionnel de l'extrême droite, même s'il a encore progressé dans ses bastions méditerranéens.

Le plébiscite de Chirac ne doit cependant pas faire illusion. Dès l'annonce de sa réélection, les adversaires du président ont relancé la mobilisation contre lui. Ils ont notamment été plusieurs milliers à manifester dans les rues de Paris et de province, ce qui augure d'un `troisième tour social´ tendu. En outre, le score stalinien réalisé par le candidat républicain ne reflète évidemment pas sa cote de popularité et de confiance. Hier soir, celle-ci n'a été évaluée qu'à 49 pc, contre 48 pc pour la gauche. Pour la droite, les législatives ne s'annoncent donc pas aussi aisées que les présidentielles.

© La Libre Belgique 2002