San Giuliano a enterré ses morts

San Giuliano di Puglia (Molise) a enterré dimanche avec dignité ses 29 morts, dont 26 enfants de l'école du village, victimes du tremblement de terre de jeudi, dans une cérémonie à laquelle toute l'Italie s'est associée par la présence du chef de l'Etat, Carlo Azeglio Ciampi

R.C. (Avec AFP)
San Giuliano a enterré ses morts
©EPA

L'entrée du premier petit cercueil blanc sous la tente montée par la protection civile pour faire office d'église a été saluée par une salve d'applaudissements. Le rituel s'est répété à l'arrivée de chacun des 26 cercueils d'enfants, puis de ceux, marrons, de leur institutrice, Carmela, et de deux femmes plus âgées décédées dans l'écroulement de leurs maisons.

Les habitants de San Giuliano n'ont pas non plus caché leur colère de ne jamais avoir été informés des risques sismiques dans leur région. La secousse, d'une magnitude de 5,4 sur l'échelle ouverte de Richter, a provoqué l'effondrement de l'école du village, un bâtiment construit en 1953 et dans lequel des travaux avaient été réalisés quelques mois plus tôt pour aménager deux classes sous les combles.

La justice italienne a ouvert samedi une enquête sur les causes de l'écroulement de l'école et la colère monte contre les responsables des travaux réalisés dans l'école et contre le pouvoir central, jugé coupable de ne pas avoir averti des risques de séisme. `La région du Molise est une zone sismique déclarée´, a pourtant confirmé le président de l'Institut national de géophysique et de vulcanologie, Enzo Boschi.

Or, le village ne figure pas sur la carte des zones à risques en vigueur depuis 1984. Il est en revanche sur une carte actualisée, mais ce document attend dans les cartons depuis 1998 le feu vert des autorités.

Dimanche, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a proposé de construire un nouveau village pour les habitants de San Giuliano di Puglia. Depuis vendredi soir, après une nouvelle violente secousse sismique, les habitants sont installés provisoirement sous des tentes sur le terrain de sport, 21 communes ont été touchées et 5500 personnes sont pour l'instant sans abri.

© La Libre Belgique 2002