L'avancée des Marines freinée par la tempête

Dernière minute : Une «révolte» populaire contre le régime de Saddam Hussein est en cours à Bassorah, ville à majorité chiite dans le sud de l’Irak, a déclaré mardi soir à l’AFP Mohammad Hadi, porte-parole du principal mouvement de l’opposition chiite irakienne basé à Téhéran (ASRII). Par ailleurs, Bagdad a démenti formellement ces informations.La progression vers Bagdad de centaines de chars et de véhicules des Marines américains a été bloquée mardi par une violente tempête de sable, alors que le président George W. Bush déclarait que les opérations militaires engagées en Irak faisaient généralement des «progrès ». Dans La Libre ce mercredi, 9 pages spéciales sur la guerre en Irak : reportages, analyses de la situation. Tony Blair aux USA pour parler de l'après-Saddam En raison d'une importante demande, et comme vous l'avez constaté, nous avons été obligé de couper les flux d'infos alimentant la NEWSBAR. Mercredi, nous vous proposerons la nouvelle version. Au préalable, il sera important de désinstaller l'ancienne via "ajout et suppression de programmes" dans Windows. Animations: Regardez les différentes infographies animéesPhotos: La crise en images

L'avancée des Marines freinée par la tempête
©EPA
D'après AFP

La progression vers Bagdad de centaines de chars et de véhicules des Marines américains a été bloquée mardi par une violente tempête de sable, alors que le président George W. Bush déclarait que les opérations militaires engagées en Irak faisaient généralement des «progrès ».

Des combats acharnés se poursuivaient à Bassorah, ville chiite du sud de l’Irak, qui serait en proie à un soulèvement populaire contre le président irakien Saddam Hussein, selon un journaliste de la chaîne de télévision britannique d’informations en continu Sky News sur place, citant des sources militaires de la coalition. La ville est privée d’eau et d’électricité.

Au sixième jour de la guerre, M. Bush a demandé au Congrès un collectif budgétaire de 74,7 milliards de dollars pour financer le conflit et des mesures de protection contre les attentats aux Etats-Unis.

Evoquant la situation militaire, il a affirmé que les forces américano-britanniques engagées en Irak continuaient dans l’ensemble à progresser. «Les forces de la coalition avancent régulièrement. Nous faisons des progrès satisfaisants », a-t-il déclaré.

Mais la tempête de sable a bloqué la progression de centaines de chars et de véhicules des Marines au nord-ouest de la ville de Nassiriyah (350 km au sud-est de Bagdad). Les opérations aériennes de la 101ème division aéroportée américaine ont également été interrompues.

Par ailleurs, deux hélicoptères de combat américains, un Apache et un Black Hawk, étaient portés disparus dans le sud de l’Irak, où la visibilité était réduite en raison de la tempête de sable, selon un officier supérieur américain accompagnant l’unité aérienne Bravo, sous le commandement de la 3ème Division d’infanterie, qui se trouvait au sud de Nassiriyah.

A Washington, un responsable du département de la Défense a annoncé qu’une batterie américaine de missiles Patriot avait été bombardée par erreur lundi par un avion F-16 en Irak, endommageant son radar, mais ne faisant aucune victime.

Quelque 4.000 Marines ont franchi mardi l’Euphrate à la hauteur de Nassiriyah.

Le port d’Oum Qasr, seul débouché irakien sur la mer, est désormais sous «le contrôle total » des forces de la coalition anglo-américaine, a assuré une source militaire britannique de haut rang.

Plus de cent cadavres d’Irakiens étaient visibles à la sortie de Nassiriyah, sur la route de Bagdad, empruntée par les forces de la coalition après trois jours de combats. La traversée du fleuve restait encore difficile en raison de tirs à l’arme légère, de lance-grenades antichars et de mortiers effectués par les défenseurs de la ville.

A Bagdad, la périphérie de la capitale était soumise mardi soir à de violents bombardements aériens, alors que la tempête de sable recouvrait la capitale d’un épais brouillard limitant la visibilité à quelques dizaines de mètres.

Ces bombardements «continuent d’être concentrés sur des cibles-clés du régime » dans le but d’«affaiblir la Garde républicaine », la force d’élite irakienne, commandée par Qoussaï, le fils cadet du président Saddam Hussein, a expliqué le général américain Stanley McChrystal.

Ces attaques aériennes doivent, selon les analystes, préparer un assaut terrestre contre Bagdad, alors que la troisième division américaine d’infanterie est à moins d’une centaine de kilomètres au sud de la capitale, selon un correspondant de l’AFP accompagnant ces troupes.

Selon un bilan du ministre irakien de l’information, Mohammed Saïd Al-Sahhaf, les bombardements anglo-américains contre Bagdad et d’autres villes ont fait depuis lundi soir 16 morts et 95 blessés parmi les civils.

D’après le ministre, trois hélicoptères de la coalition ont été abattus, plus de trente véhicules militaires détruits et huit soldats ont été tués lors de combats qui se sont déroulés depuis lundi à Mouthana (sud) et Souk Al-Cheyoukh (bien Souk Al-Cheyoukh) (centre).

A Souk Al-Cheyoukh, a précisé M. Al-Sahhaf, les forces irakiennes ont tué huit militaires américains ou britanniques et détruit «trois véhicules militaires ».

Il a également fait état d’une bataille féroce dans la ville de Mouthana, qui a duré selon lui jusqu’à environ 10h40 locales mardi (07h40 GMT).

Le plus dur est à venir pour les troupes de la coalition engagées en Irak, a reconnu mardi le chef d’état-major interarmes américain Richard Myers.

Dans le nord de l’Irak, les forces américaines ont bombardé quasiment sans interruption la ville pétrolière de Kirkouk, possible indication de l’ouverture prochaine d’un second front.

Par ailleurs, six navires de guerre américains ont emprunté le canal de Suez pour se joindre à l’armada massée dans le Golfe. Les Etats-Unis ont abandonné leur projet de lancer une offensive terrestre dans le nord de l’Irak à partir de la Turquie.

Sur le plan diplomatique, Washington n’a toujours pas réussi à convaincre la Turquie de renoncer à envoyer des troupes dans le nord de l’Irak contrôlé par les Kurdes.

Au Vatican, le «ministre des affaires étrangères » Jean-Louis Tauran a estimé que la guerre en Irak «provoquera le terrorisme » et donnera naissance «à tous les extrémismes possibles ».

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a mis en garde contre «le risque d’une catastrophe humanitaire » en Irak.

L’Organisation de la conférence islamique (OCI) a appelé le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan à intervenir pour obtenir «l’arrêt immédiat » de la guerre en Irak.

Au Proche-Orient, de nombreuses manifestations anti-guerre ont eu lieu notamment à Damas où des centaines de milliers de Syriens ont manifesté. 50.000 Libanais et Palestiniens ont également manifesté à Beyrouth, des dizaines de milliers à Tripoli, près de 30.000 personnes à Khartoum et près de 200 à Amman.


La CIA recrute au plus haut niveau L'attaque américaine qui a visé Saddam Hussein jeudi matin a été déclenchée sur la foi d'un renseignement émanant d'un haut responsable irakien, qui a révélé aux services de renseignement (CIA) l'endroit où le Président irakien devait passer la nuit, a affirmé dimanche l'hebdomadaire «Newsweek». Selon le journal, qui cite une source anonyme des services de renseignements, ce haut responsable irakien, un proche du Président irakien récemment «recruté» par la CIA, a prévenu mercredi ses contacts américains que Saddam Hussein, vraisemblablement accompagné de ses deux fils, devait passer la nuit de mercredi à jeudi dans un abri souterrain construit sous une maison anonyme d'un quartier résidentiel de Bagdad. Sitôt en possession de cette information dans l'après-midi (heure de Washington), le directeur de la CIA George Tenet a prévenu le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld puis le président George W.Bush, qui, à 0h12 GMT, a donné son feu vert à une opération ciblée, raconte «Newsweek». Sur ordre du commandant en chef de l'«opération Liberté de l'Irak», le général Tommy Franks, deux chasseurs-bombardiers furtifs F-117 ont alors bombardé l'abri présumé de Saddam Hussein vers 2h30 GMT. Selon l'hebdomadaire, l'informateur de la CIA, qui se trouvait à l'extérieur du bunker, a certifié que Saddam Hussein se trouvait à l'intérieur au moment de l'attaque. Il n'a toutefois pas pu donner à la CIA des informations permettant d'indiquer si le numéro un irakien avait été tué, blessé ou était sorti indemne de l'attaque, selon «Newsweek». (AFP) © La Libre Belgique 2003

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