Prochaine réunion "reconstruction" le 8 ou 9 mai

Les défis de la reconstruction s’accumulent en Irak pour Washington qui envisage de substituer aux troupes de la coalition actuelles une force de stabilisation internationale. De son côté, l’ONU s’inquiète des risques d’une catastrophe humanitaire en Irak. Et Washington continue de faire pression sur la Syrie.

AFP
Prochaine réunion "reconstruction" le 8 ou 9 mai
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En Irak, les quelque 500 civils et militaires américains de l’ORHA (Bureau de reconstruction et d’aide humanitaire) s’efforcent de remettre en route le pays malgré la poursuite des incidents armés, de l’arrêt quasi total des services publics, des manifestations d’hostilité à la présence américaine, et des appels à l’islamisation du pays.

Dimanche à Bagdad, une équipe de militaires américains chargés des affaires civiles a distribué une «Proclamation au peuple d’Irak», au nom du général David McKiernan. «En tant que chef de l’autorité en Irak, j’appelle à l’arrêt immédiat de toutes les activités criminelles, dont les actes de représailles, de pillage et les attaques contre les forces de la coalition», dit le texte.

Washington envisage de partager le pays en trois secteurs distincts, ayant chacun un commandement propre, américain pour la région de Bagdad, britannique pour le sud, et un troisième sous autorité polonaise.

Le président polonais Aleksander Kwasniewski a indiqué dimanche que la Pologne pourrait «administrer le nord de pays» où elle enverrait entre 1.500 et 2.000 soldats.

Dans chacun des secteurs seraient déployés des soldats de la force de stabilisation internationale, en cours de constitution, agissant au nom des pays de la coalition conduite par les Etats-unis, et non sous mandat de l’ONU.

Six pays (Italie, Espagne, Danemark, Bulgarie, Pays-Bas, Ukraine) seraient prêts à fournir des troupes avec Washington, Londres et Varsovie, selon un responsable américain parlant sous couvert de l’anonymat.

La mise en place d’une telle force permettrait aux Etats-Unis de réduire, d’ici à l’automne, leur présence militaire en Irak à 30.000 hommes contre 132.000 actuellement, selon le New York Times de samedi. Aucune décision finale n’a encore été prise à propos de cette force, selon un porte-parole du secrétaire au Foreign Office Jack Straw qui participait vendredi et samedi à une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne en Grèce.

Après une première réunion la semaine dernière à Londres, une seconde est prévue les 8 ou 9 mai toujours dans la capitale britannique, selon le chef de la diplomatie portugaise, Antonio Martins da Cruz.


Catastrophe humanitaireDans l’immédiat, «les conditions d’une catastrophe humanitaire persistent encore dans le pays», a averti le nouveau coordinateur humanitaire de l’ONU pour l’Irak, Ramiro Lopes da Silva, d’autant selon lui, que près des deux tiers de la population dépendent toujours de l’aide alimentaire. Les hôpitaux n’ont toujours pas retrouvé leur niveau d’activité antérieur. A Sadr-City, la banlieue chiite pauvre de Bagdad dans laquelle aucune présence américaine n’est visible, les religieux ont pris en main la gestion de établissements hospitaliers, parfois sous l’oeil agacé du personnel soignant. A Bassorah (sud), l’ONU a ouvert dimanche une représentation permanente et a estimé que la région souffrait d’une «crise chronique et structurelle grave».