Bruxelles chahutée...

Le secrétaire général de l'OTAN, le Britannique George Robertson, s'est dit vendredi confiant quant à la possibilité de trouver une «solution mutuellement acceptable » pour les Etats-Unis et la Belgique sur la loi de compétence universelle, au lendemain des menaces américaines contre le futur siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Bruxelles chahutée...
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Le secrétaire général de l'OTAN, le Britannique George Robertson, s'est dit vendredi confiant quant à la possibilité de trouver une «solution mutuellement acceptable » pour les Etats-Unis et la Belgique sur la loi de compétence universelle, au lendemain des menaces américaines contre le futur siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

«Je suis certain qu'une solution pratique mutuellement acceptable pourra être trouvée » pour mettre un terme à cette polémique, a déclaré Lord Robertson lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Il a exprimé de la compréhension avec l' »inquiétude » manifestée par l'administration américaine, qui craint que la loi belge serve à poursuivre abusivement des ressortissants américains, au risque d'être arrêtés s'ils se rendent en Belgique.

«Il ne s'agit pas d'une dispute bilatérale entre Américains et Belges. L'Alliance atlantique, l'Union européenne et les autres institutions internationales situées à Bruxelles doivent savoir si les gens peuvent aller et venir aux réunions », a-t-il dit en se réjouissant que M. Rumsfeld et son homologue belge, André Flahaut, aient à nouveau évoqué la question lors d'une rencontre bilatérale jeudi soir après une réunion ministérielle.

Le secrétaire américain à la Défense s'en était pris jeudi publiquement à la Belgique, annonçant le blocage des fonds pour la construction du nouveau siège de l'OTAN, face à l'actuel, sur un terrain concédé par le gouvernement belge.

Lord Robertson est revenu sur ces propos du «patron » du Pentagone.

Selon lui, les Américains ont clairement indiqué qu' »ils n'autoriseraient pas que les moindres crédits soient débloqués au cours des six prochains mois ».

«Nous allons «examiner les implications que cela pourrait avoir sur le projet dans son ensemble ». «Mais nous n'en sommes pas à la phase de construction et donc cela pourrait ne pas avoir un grand impact », a ajouté le secrétaire général.

Le siège de l'OTAN est installée en Belgique depuis 1967 à la suite de son expulsion de France par le président Charles de Gaulle. L'organisation a dévoilé au début de l'année le projet qui a été retenu pour la construction d'ici à 2009 de son nouveau siège pour un montant de plus de 300 millions d'euros.

Selon une clé de répartition approuvée en décembre 1999, les Etats-Unis doivent financer la construction du nouveau siège à hauteur de 22,23 pc, le Royaume-Uni 13,41 pc, l'Allemagne 12,75pc, la France 12,25 pc, l'Italie 7,5 pc, le Canada 5,3 pc, les Pays-Bas 4 pc, la Pologne 3,5 pc, le Luxembourg 0,55 pc et l'Islande pour 0,2 pc. La quote-part belge est pour sa part fixée à 2,76 pc.

M. Rumsfeld a par ailleurs obtenu vendredi le soutien de son homologue britannique, Geoffrey Hoon, qui a affirmé que la loi de compétence universelle belge était une source de «grave préoccupation ».

«Il s'agit d'un sujet de grave préoccupation et je comprends pourquoi il (M. Rumsfeld) l'a soulevé et de manière si vigoureuse », a dit M. Hoon à son arrivée vendredi matin à l'OTAN.

Interrogé pour savoir si Londres partageait cette position, M. Hoon a répondu: «je pense que c'est quelque chose que nous allons devoir examiner. Il s'agit de toute évidence d'une question de droit qui doit être résolue », a-t-il souligné.

En revanche, l'Allemand Peter Struck a affirmé, également à son arrivée à la réunion, que «l'OTAN se trouve bien à Bruxelles » et il a souligné que le parlement belge avait déjà modifié la loi afin de permettre au gouvernement de transmettre de telles plaintes à la justice d'origine de la personne visée.


Pour le Premier ministre sortant et formateur du futur gouvernement, Guy Verhofstadt, il ne faut pas revoir une nouvelle fois la loi dite de compétence universelle. "Nous avons adapté la loi afin d'éviter les abus. Il est maintenant possible de transférer les dossiers de certaines personnalités vers leur pays d'origine", a rappelé vendredi Guy Verhofstadt, réagissant ainsi aux menaces proférées jeudi par le secrétaire à la défense américain Donald Rumsfeld à propos du siège de l'OTAN. Et Guy Verhofstadt de rappeler qu'une décision de transfert du dossier relatif aux plaintes contre le général Tommy Francks est déjà intervenue. "Le ministre de la Justice a entamé la procédure pour le transfert vers Israël du dossier relatif aux plaintes contre le Premier ministre Ariel Sharon", a ajouté Guy Verhofstadt. Quant aux plaintes contre Bush père, il a indiqué qu'il s'agissait d'un dossier qui demandait "pour des raisons techniques" plus de temps. Pour Guy Verhofstadt, il n'y a pas de raisons de modifier à nouveau la loi. "Dans les semaines ou les mois à venir, chacun pourra constater que les dispositions actuelles sont tout à fait suffisantes pour éviter les abus et qu'elles donnent toutes les garanties voulues", a-t-il encore dit.

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