Pour Willy Claes, la décision de déménager a «déjà été prise»

L'ancien ministre belge des Affaires étrangères et ex-secrétaire général de l'OTAN, Willy Claes, a laissé entendre que la décision de principe de déménager le siège de l'Alliance atlantique, installé à Bruxelles depuis 1967, avait «déjà été prise ».

Pour Willy Claes, la décision de déménager a «déjà été prise»
©AFP
Belga

L'ancien ministre belge des Affaires étrangères et ex-secrétaire général de l'OTAN, Willy Claes, a laissé entendre que la décision de principe de déménager le siège de l'Alliance atlantique, installé à Bruxelles depuis 1967, avait «déjà été prise », tout en suggérant une intervention directe du Premier ministre auprès de l'administration américaine.

«Les Américains ont l'intention avouée de donner une bonne leçon aux Belges et de faire une croix sur Bruxelles en tant que siège de l'OTAN », a-t-il affirmé dans une interview publiée par l'hebdomadaire flamand 'Knack'.

«Je crois que la décision de principe est déjà prise », a ajouté celui qui fut durant un an secrétaire général de l'OTAN avant de devoir démissionner en octobre 1995 pour son implication dans le scandale Agusta-Dassault.

Selon l'ancien chef de la diplomatie belge, cette décision résulte à la fois de la position en pointe prise par le gouvernement avant la guerre en Irak - quand la Belgique s'était opposée, avec la France et l'Allemagne, à la «logique de guerre » américaine qui passait par l'adoption de mesures défensives en faveur de la Turquie - et de l'existence de la loi de compétence universelle.

Interrogé sur l'indispensable consensus nécessaire pour décider le déménagement du siège de l'Alliance, M. Claes prévient les responsables belges en leur rappelant le précédent de 1966. A l'époque, le président français Charles de Gaulle, qui avait décidé de quitter la structure militaire intégrée de l'OTAN, espérait le maintien à Paris du quartier général politique de l'Alliance. «A sa grande surprise, il a du constater que le déménagement de l'ensemble avait été décidé par quatorze voix contre une. Il y a donc un précédent historique », a-t-il souligné en notant que plusieurs pays seraient intéressés par l'accueil de l'OTAN.

M. Claes préconise enfin une démarche directe du Premier ministre, Guy Verhofstadt, auprès de l'administration du président américain George W. Bush. «Il faut faire quelque chose. Si le Premier ministre prend lui-même les rênes (d'une offensive de charme), Washington ne refusera pas » de l'entendre, assure-t-il en suggérant un recours à «toutes les relations belgo-américaines ».


Jones ignore tout... Le commandant en chef des forces alliées en Europe (SACEUR), le général américain James Jones, a affirmé mercredi tout ignorer de plans en vue d'un éventuel transfert du siège de l'OTAN vers un autre pays que la Belgique en raison de la loi belge de compétence universelle. " C'est une question bilatérale entre les Etats-Unis et la Belgique", a déclaré l'officier américain au cours d'une conférence de presse donnée dans son quartier général de Casteau, près de Mons. Il s'est refusé à tout autre commentaire " en tant que commandant opérationnel", notamment sur la possibilité de déménagement du siège de l'OTAN évoqué depuis la semaine dernière. Il a ajouté ne pas disposer d'informations sur un tel déménagement. Jeudi dernier, le secrétaire (ministre) américain à la Défense, Donald Rumsfeld, s'en était pris vivement jeudi à la Belgique en raison des plaintes déposées dans le cadre de la loi de compétence universelle contre des responsables américains. " Nous allons devoir nous opposer à tout déblocage de financements en vue de la construction du futur siège de l'OTAN jusqu'à ce que nous soyons sûrs que la Belgique entend être un endroit hospitalier", a déclaré M. Rumsfeld devant la presse à Bruxelles.

Sur le même sujet