3 QUESTIONS À JEAN-LUC DEHAENE

P. Sa.

Vendredi, vous vous étiez prononcé pour la suppression de la loi de compétence universelle. Que pensez-vous de la solution des partis de la majorité?

Ce qu'ils ont fait revient à peu près au même. Ils en arrivent à des dispositions similaires à celles qui sont d'application dans d'autres pays. Ce caractère de loi à vocation universelle, par lequel nous avions fait comme si nous avions le potentiel d'être le juge du monde entier, sera supprimé. Il n'a plus beaucoup de sens avec la création de la Cour pénale internationale.

La loi telle qu'elle sera modifiée continuera-t-elle à poser un problème diplomatique à la Belgique?

Ça veut simplement dire que nous allons avoir le même genre de loi que d'autres pays et que la Belgique ne sera plus une sorte d'exception que le monde entier vient voir avec curiosité.

Vous pensez que toute la polémique autour des modifications successives de cette loi a nui à la réputation internationale, au crédit de la Belgique dans d'autres pays?

Cette loi n'a certainement pas renforcé notre crédit. Mais je crois que maintenant, finalement, les adaptations qui étaient nécessaires ont été apportées. Cette loi était bien intentionnée, après ce qui s'était passé au Rwanda. Mais elle était un peu idéaliste, dépassait de loin nos possibilités et avait été détournée par un certains nombre de personnes, un peu partout dans le monde. Maintenant, nous en sommes revenus à une situation normale.

© La Libre Belgique 2003

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