Guantanamo bay, pas si sûr que cela

Les Etats-Unis étudient la possibilité d’une implication de la Syrie dans une affaire présumée d’espionnage qui a mené à l’arrestation de deux militaires américains à Guantanamo (Cuba) où sont gardés des prisonniers soupçonnés par Washington d’être liés au réseau Al-Qaïda.

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© EPA
D'après AFP

Les Etats-Unis étudient la possibilité d’une implication de la Syrie dans une affaire présumée d’espionnage qui a mené à l’arrestation de deux militaires américains à Guantanamo (Cuba) où sont gardés des prisonniers soupçonnés par Washington d’être liés au réseau Al-Qaïda.

Un traducteur de l’armée de l’Air, Ahmad I al-Halabi, traducteur sur la base de Guantanamo, arrêté le 23 juillet, a été inculpé d’espionnage et d’aide à l’ennemi. Selon les chefs d’inculpation, M. al-Halabi envoyait des renseignements à la Syrie, notamment des noms de prisonniers, et son ordinateur personnel comptait quelque 180 notes confidentielles qui devaient être transmises à Damas.

Interrogé pour savoir si la Syrie était impliquée dans cette affaire, le général Peter Pace, chef d’état-major inter-armée adjoint, a cependant répondu: «Nous ne savons pas. Nous étudions ».

«S’il s’avère que ce type est coupable, et il s’avère qu’il parlait avec la Syrie, alors c’est une question dont le gouvernement s’occupera en temps utile », a ajouté cet officier.

La Syrie a nié mercredi toute implication dans cette affaire. «Ceci est infondé et illogique », a affirmé le nouveau ministre de l’Information syrien, Ahmad al-Hassane, s’exprimant lors d’une première rencontre avec les journalistes à Damas.

«Comment la Syrie pourrait-elle avoir des espions à Guantanamo? La CIA est-elle incapable de trouver un traducteur de confiance? », s’est interrogé le ministre syrien.

L’annonce de l’arrestation d’Ahmad I al-Halabi a eu lieu trois jours après celle de l’interpellation, le 10 septembre, d’un aumônier militaire musulman soupçonné d’espionnage, le capitaine James Yee, également affecté à Guantanamo.

En route vers la Syrie au moment de son arrestation

D’origine chinoise, le capitaine Yee, 35 ans, avait reçu une formation religieuse en Syrie. Il a été arrêté en possession d’un plan détaillé de la base de Guantanamo.

«Il y a toujours des individus qui ne sont pas repérés lors des procédures d’évaluation et qui font des choses pas bien », a affirmé le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld interrogé sur cette affaire. «Il y a aussi des gens qui ne sont pas repérés lors des procédures d’évaluation, qui n’ont pas de mauvaises intentions et qui ensuite décident de faire des choses pas bien », a-t-il ajouté.

Selon les chefs d’inculpation visant M. al-Halabi, ce militaire a essayé de fournir des documents secrets à un citoyen d’un gouvernement étranger «avec l’intention (...) de les utiliser au détriment des Etats-Unis ou au profit de la Syrie, une nation étrangère ».

L’accusation assure qu’il a vainement cherché à entrer en contact avec l’ambassade de Syrie aux Etats-Unis et qu’il était en route vers la Syrie au moment de son arrestation le 23 juillet.

M. al-Halibi a été arrêté sur l’aéroport de la base navale de Jacksonville (Floride, sud-est) au moment de son arrivée sur un vol en provenance de Guantanamo.

Le département de la Défense a indiqué qu’il n’avait pas établi jusqu’à présent de liens entre les deux suspects. Mais, a-t-on indiqué de même source, les deux hommes ont travaillé en même temps sur la base. Tous les deux sont musulmans.

«Nous ne présumons pas que les deux que nous connaissons sont les seuls (espions) et nous ne présumons pas qu’il y a plus » d’espions, a indiqué le général Pace.

Ahmad I al-Halabi est détenu sur une base de l’US Air Force, à Vandenberg en Californie (ouest).

Quelque 660 personnes, originaires de 42 pays et pour la plupart capturées en Afghanistan dans le cadre de la lutte anti-terroriste menée par les Etats-Unis, sont détenues derrière les barbelés de cette base, enclave militaire américaine au sud-est de Cuba.


Condamnés La justice marocaine a condamné à mort deux hommes et infligé de lourdes peines à deux prédicateurs de mosquées qui auraient inspiré des kamikazes. Cela porte à 16 le nombre de prévenus condamnés à la peine capitale depuis les attentats suicide de Casablanca du 16 mai dernier, dans lesquels ont péri 33 personnes en plus des 12 kamikazes. Abdelouhab Rabii, condamné à mort jeudi soir, a avoué devant un tribunal de Rabat avoir étranglé un responsable du ministère de la Justice, avec la complicité de Hamid Slimani, également condamné à mort. Rabii a également reconnu avoir volé des armes dans une caserne, l'an dernier à Taza. A Casablanca, également jeudi soir, un autre tribunal a condamné les imams Hassan Al Kettani et Abdelwahab Rafiki respectivement à 20 et 30 ans de détention pour avoir inspiré les auteurs des attentats de Casablanca. Kettani, originaire d'une grande famille d'érudits religieux, a déclaré au tribunal que, bien qu'étant «hostile à l'impérialisme américaine et au sionisme», il n'avait jamais prêché la violence.

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