Trois questions à Michel Hogge

(Ph.Law.)

Que pensez-vous de l'étude épidémiologique réalisée par les riverains de Roissy?

Dans l'absolu, l'Autorité indépendante de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires en Wallonie (ACNAW) considère que les enquêtes sont une priorité et s'est donnée pour consigne d'en faire en 2004. Elles participent à une démarche d'objectivation de la gêne provoquée par les nuisances sonores. Nous sommes demandeurs de ce genre d'entreprise et plus particulièrement en Wallonie, mais c'est plus facile à dire qu'à faire car manipuler ce genre d'enquête est lourd et onéreux.

Est-ce qu'il faut attendre ces enquêtes épidémiologiques avant de prendre des mesures en faveur des riverains ou appliquer le principe de précaution?

On n'a pas attendu une étude épidémiologique avant de prendre des mesures d'accompagnement en faveur des riverains en Wallonie (rachats ou isolation de maisons, etc.). Malheureusement, il reste des disputes sur les niveaux et les seuils de tolérance. Il y a les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), mais le décret wallon prévoit des niveaux pas tout à fait identiques. Et à entendre les experts (acousticien, aéronauticien), il y a encore de la marge. Tous les sujets ne réagissent pas de la même façon par rapport au bruit des avions et cette subjectivité limite fortement la fixation d'un seuil absolu. Tout le monde rêve d'un critère minimum, mais il est difficile à obtenir.

Quid du financement de ces études?

Celle réalisée à Paris-Roissy a coûté 42000 euros et à ce prix, le gouvernement wallon doit pouvoir en assurer le financement, mais il ne faut pas oublier que l'étude des Parisiens a une portée limitée et il faudrait en faire à différentes saisons sur un échantillon plus conséquent. Par ailleurs, l'ACNAW est opposé au principe de relocation des habitants dans des zones où les nuisances dépassent le seuil de tolérance, c'est-à-dire dans les zones A.

© La Libre Belgique 2004