Le monde vote Kerry

Le monde vote massivement John Kerry, révèle un sondage publié mercredi aux Etats-Unis, selon lequel seuls trois pays sur 35, dont la Pologne, préfèrent le président américain sortant George W. Bush. L’Europe est le continent où l’opinion se prononce le plus largement contre M. Bush, souligne Steven Kull, un professeur de l’Université du Maryland qui a participé à l’étude réalisée par l’institut Globescan et ses antennes dans le monde.

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AFP

Le monde vote massivement John Kerry, révèle un sondage publié mercredi aux Etats-Unis, selon lequel seuls trois pays sur 35, dont la Pologne, préfèrent le président américain sortant George W. Bush. L’Europe est le continent où l’opinion se prononce le plus largement contre M. Bush, souligne Steven Kull, un professeur de l’Université du Maryland qui a participé à l’étude réalisée par l’institut Globescan et ses antennes dans le monde.

Parmi les alliés traditionnels des Etats-Unis, la préférence envers le démocrate John Kerry est écrasante: à 74% contre 10% en Allemagne, 64% contre 5% en France, 63% contre 6% aux Pays-Bas, 58% contre 14% en Italie, 45% contre 7% en Espagne, et le rejet de la politique étrangère de l’administraiton Bush est plus important encore.

En Grande-Bretagne, constamment aux côtés des Etats-Unis sur le sujet de l’Irak, l’opinion préfère également très largement Kerry à Bush (47% contre 16%). Le rejet du président républicain sortant et de sa politique étrangère est également flagrant parmi les alliés non européens des Etats-Unis, le Canada (61% contre 16%) et le Japon (43% contre 23%).

«Les opinions les plus négatives sont en Europe, parce que quand on se dispute entre alliés, les gens sont très embêtés », analyse M. Kull, pour qui c’est tout le contraire d’un désamour: «Nous sommes très proches les uns des autres, plus sensibles, et nous comptons sur un meilleur niveau d’harmonie », explique-t-il à l’AFP.

«Je pense que cela a à voir avec la décision d’aller en guerre en Irak sans soutien allié, les autres pays (moins proches des Etats-Unis) ne s’attendent pas forcément autant à ce que les Etats-Unis les consultent », précise-t-il. La Pologne, qui commande en Irak une force multinationale de 6.500 hommes dont 2.500 soldats polonais, se distingue dans ce sondage en accordant une légère préférence à Bush (31% contre 26% à Kerry).

En revanche la République tchèque, un autre allié de la «Nouvelle Europe », préfère nettement le candidat de l’opposition américaine (42% contre 18%). En Amérique latine, une région qui se sent proche des Etats-Unis, l’opinion préfère également largement John Kerry dans les neuf pays consultés. Le Brésil (57% contre 14%) et la République dominicaine (51% contre 38%) se distinguent par leur engagement, aucun autre pays sud-américain n’accordant de majorité à John Kerry.

«Les autres pays sont plus indifférents », relève Steven Kull: «plus de gens sont sans opinion, leurs attentes sont aussi moins élevées ». C’est le cas notamment en Russie, un pays dont le président Vladimir Poutine affirme faire front commun avec Washington dans la guerre contre le terrorisme, notamment en Tchétchénie: 20% des Russes préfèrent Kerry, 10% préfèrent Bush.

Les Philippines se distinguent par leur appréciation du président Bush: 57% le préfèrent à Kerry. «Il est possible que l’aide apportée par Bush après les attentats du 11 septembre (2001) au gouvernement philippin pour lutter contre le groupe terroriste Abu Sayyaf ait entraîné beaucoup d’opinions favorables », soulignent les auteurs de l’étude.

Parmi les quelques pays musulmans ayant participé à cette enquête, l’opinion indonésienne préfère Kerry (57% contre 34%), tout comme les Turcs (40% contre 25%). Le Nigeria vote également Bush, l’Inde et la Thaïlande restant partagées. M. Kull a relevé que l’opinion mondiale pourrait avoir un effet, «certes modeste », sur la présidentielle américaine du 2 novembre.

Seul le quart des indécis interrogés ont indiqué que l’opinion mondiale pourrait peser sur leur vote, et dans ce groupe, «à plus de deux contre un, ils ont indiqué que cela les ferait pencher vers le candidat » préféré dans les autres pays, a expliqué M. Kull.

Le sondage a été mené auprès de 34.330 personnes, «principalement en juillet et en août », avec une marge d’erreur située entre 2,3 et 5 points