Un bilan intérieur mitigé

Sur le plan intérieur, le bilan de l'administration Bush est simple. Gagnants: la défense, la sécurité intérieure et la croissance. Perdant: tout le reste. Et notamment l'incapacité à créer de nouveaux emplois.

STÉPHANIE FONTENOY
Un bilan intérieur mitigé
©EPA

CORRESPONDANTE A NEW YORK

Revue du bilan de quatre années de présidence de George Bush, au plan intérieur.

Economie

L'administration actuelle est perçue comme la plus dépensière de l'histoire. Le président Bush a accordé des baisses d'impôts totalisant 1700 milliards de dollars, les plus importantes jamais consenties. Or, le nombre de pauvres continue d'augmenter. En 2003, 34,6 millions d'Américains se retrouvaient sous le seuil de pauvreté: 3 millions de plus qu'en 2001. Avec une forte croissance, une baisse des taux d'intérêt et un faible taux d'inflation, l'économie américaine se porte bien. Mais cette situation ne se traduit pas par des créations d'emploi. Entre août 2003 et janvier 2004, un peu plus de 350000 emplois ont été créés. Cependant, depuis janvier 2001, plus de 2,5 millions d'emplois ont été perdus. La plus grande perte d'emplois de l'histoire américaine. Sous l'effet combiné des baisses d'impôts et de dépenses liées à la guerre, le déficit américain a atteint un record: moins 500 milliards de dollars.

Sécurité intérieure

Le «Patriot Act» est passé dans la foulée des attentats, en octobre 2001. Cette loi, très controversée, accroît le pouvoir des autorités judiciaires américaines, des services de renseignement et de l'immigration.

Le Département de la sécurité intérieure (Homeland Security), créé en novembre 2002, coordonne dorénavant toutes les opérations de sécurité nationale (sécurité des frontières, des transports et des ports, coordination des mesures pour contrer les attaques bioterroristes, la préparation et les réactions aux situations d'urgence, etc.).

Programmes sociaux

«Engagé à développer une culture de la vie», George W. Bush a entre autres promulgué une loi interdisant une méthode chirurgicale d'avortement tardif (au cinquième ou sixième mois de grossesse). Dès le début de son mandat, il a également coupé les subventions à des groupes de planning familial favorables à l'interruption volontaire de grossesse.

En février 2004, le Président a appuyé une proposition d'amendement constitutionnel pour interdire le mariage homosexuel. Il a modifié le programme de Medicare, le système de santé pour les personnes âgées (qui n'étaient jusqu'alors remboursées que pour les frais d'hospitalisation ou de médecin), de façon à ce qu'elles puissent obtenir un remboursement partiel de leurs médicaments. Bien que cela semble un gain substantiel, plusieurs y ont plutôt vu un moyen d'enrichir l'industrie pharmaceutique. Plus de 40 millions d'Américains n'ont aucune couverture en cas de maladie.

L'éducation était une de ses priorités annoncées en campagne électorale. Initialement bien accueilli, le programme «No Child Left Behind» vise à améliorer la performance des élèves, notamment dans les écoles défavorisées. Mais le budget des écoles n'a pas été modifié en conséquence. L'administration Bush a limité le financement public des recherches sur les cellules souches embryonnaires. Il a demandé au Congrès d'interdire toute forme de clonage humain.

Opposé au protocole international de Kyoto sur la réduction des gaz à effets de serre, le Président Bush plaide aussi pour l'exploitation pétrolière du Refuge national de l'Arctique en Alaska, une zone protégée contre toute exploitation depuis les années 50.

Défense

Totalisant moins de 300 milliards de dollars en 2001, les dépenses militaires devraient atteindre 451 milliards de dollars en 2007. Un montant qui représente plus de la moitié des dépenses annuelles militaires effectuées partout dans le monde.

© La Libre Belgique 2004