"oui" aux négociations d’adhésion avec la Turquie

Les eurodéputés se sont prononcés mercredi en faveur de l’ouverture de négociations d’adhésion entre la Turquie et l’Union européenne, par 407 voix contre 262 et 29 abstentions. L’avis du Parlement européen (PE) est un message politique avant tout symbolique car la décision appartient aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE.

"oui" aux négociations d’adhésion avec la Turquie
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Les eurodéputés se sont prononcés mercredi en faveur de l’ouverture de négociations d’adhésion entre la Turquie et l’Union européenne, par 407 voix contre 262 et 29 abstentions. L’avis du Parlement européen (PE) est un message politique avant tout symbolique car la décision appartient aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE qui se réuniront jeudi et vendredi à Bruxelles.

Le rapport adopté par le PE recommande l’ouverture «sans délai inutile » des négociations avec Ankara et n’envisage pas, dès à présent, d’alternative à l’adhésion, comme le «partenariat privilégié » réclamé par les droites française et allemande.

Si l’objectif «est que la Turquie devienne membre de l’UE », ces négociations sont cependant «un processus ouvert qui ne conduit pas a priori ni automatiquement à l’adhésion », soulignent les eurodéputés, qui énumèrent une série de conditions à remplir, dont «une tolérance zéro » contre la torture.

Les eurodéputés ont également adopté un amendement par 332 voix contre 325 appelant «la Commission européenne et le Conseil à exiger des autorités turques la reconnaissance formelle de la réalité historique du génocide des Arméniens en 1915 et l’ouverture dans un délai rapide de la frontière entre la Turquie et l’Arménie », sans en faire cependant un préalable aux négociations.

Les eurodéputés appellent également au retrait des troupes turques du nord de Chypre et notent que les négociations se dérouleront avec les 25 Etats membres de l’UE, ce qui, «à l’évidence, implique la reconnaissance de Chypre par la Turquie ».

A la demande de députés conservateurs qui ont réuni le nombre de signatures suffisant (un cinquième du PE), le vote final s’est déroulé de manière secrète, au grand dam de nombreux députés.

Ceux-ci ont manifesté leur protestation en brandissant des bulletins avec la mention «Evet » (oui en turc) ou Hayir (non) au moment d’appuyer sur leur bouton électronique.

Le non était ouvertement défendu par les droites française (UMP et UDF) et allemande (CDU), ainsi que les courants souverainiste ou d’extrême-droite.

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