L’espoir de trêve fragilisé par la mort d’une fillette palestinienne

La mort d’une fillette palestinienne de 10 ans, apparemment tuée par un obus de char israélien, et des tirs de représailles sur une colonie juive sont venus fragiliser lundi le cessez-le-feu qui commençait à s’installer entre Israéliens et Palestiniens.

L’espoir de trêve fragilisé par la mort d’une fillette palestinienne
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La mort d’une fillette palestinienne de 10 ans, apparemment tuée par un obus de char israélien, et des tirs de représailles sur une colonie juive sont venus fragiliser lundi le cessez-le-feu qui commençait à s’installer entre Israéliens et Palestiniens.

Cet accroc dramatique à la trêve naissante n’a toutefois pas entraîné l’annulation de la nouvelle rencontre prévue lundi soir entre le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz et le négociateur palestinien Mohammed Dahlan, conseiller du président Mahmoud Abbas. Les deux hommes doivent s’entendre sur les détails du retrait israélien de plusieurs villes de Cisjordanie, prévu dans les prochains jours, et sur la libération de centaines de prisonniers palestiniens.

L’incident s’est produit dans le camp de réfugiés de Rafah, à l’extrême sud de la Bande de Gaza, théâtre d’affrontements réguliers entre militaires israéliens et groupes armés palestiniens. L’armée israélienne a assuré qu’une enquête serait menée en coordination avec les Palestiniens.

Peu après le drame, le Hamas a annoncé avoir tiré en représailles cinq obus de mortier sur une colonie de peuplement juive de Gaza. Des colons ont fait état de deux explosions dans l’implantation de Neve Dekalim, où une habitation aurait été endommagée.

De source palestiniennes et onusiennes, on précise que la petite Norhan Dib a été touchée à la tête alors que les enfants étaient en rang dans la cour de l’école, après la récréation de l’après-midi. Une deuxième fillette a été blessée par ce tir.

"J’étais dehors avec les autres enseignants", a témoigné la directrice adjointe de l’école, Mariam Abou Chamala. "Les enfants attendaient dans la cour avant de regagner leurs classes. Soudain, on a entendu des cris. J’ai immédiatement accouru et j’ai trouvé la fillette allongée sur le sol, couverte de sang." Des responsables médicaux palestiniens ont affirmé que la petite écolière avait été victime d’un tir de char israélien. L’agence onusienne de secours aux réfugiés palestiniens (UNRWA) n’a pu confirmer de manière définitive l’origine du tir, mais elle a précisé qu’il provenait bien de positions tenues par l’armée israélienne près de la frontière égyptienne.

L’UNRWA a rappelé dans un communiqué qu’elle avait "protesté à plusieurs reprises contre les tirs effectués sans discernement par l’armée israélienne sur des zones civiles dans les territoires palestiniens". L’agence des Nations unies a ajouté que l’école visée, distante de seulement 800 mètres de la frontière, avait été atteinte par des tirs "de nombreuses fois" depuis le début de la deuxième Intifadah en 2000. Toutefois, a-t-elle encore noté, "c’est la première fois que ces tirs ont une conséquence tragique".

L’incident est venu rompre le cessez-le-feu informel observé ces derniers jours par Israël et les groupes radicaux palestiniens, alors que des milliers de policiers palestiniens sont déployés le long de la frontière entre la Bande de Gaza et l’Etat hébreu pour prévenir les attaques anti-israéliennes.

Le sommet entre Mahmoud Abbas et Ariel Sharon restait cependant maintenu, vraisemblablement pour le 8 février. Alors que le président de l’Autorité palestinienne se trouvait lundi en Russie pour obtenir le soutien de Moscou dans les discussions à venir avec Israël, le Premier ministre israélien a une nouvelle fois été conspué par des colons juifs réclamant l’organisation d’un référendum sur le projet de retrait de Gaza.

Après leur démonstration de force de dimanche soir à Jérusalem, où ils étaient plus de 100.000, les colons et leurs partisans étaient encore plusieurs centaines lundi à promettre une opposition farouche au retrait de Gaza, prévu pour cet été.