Jean Paul II rapproche l’avortement et l’holocauste

Le pape Jean Paul II rapproche l’avortement et l’holocauste dans un chapitre de son nouveau livre «Mémoire et identité » présenté mardi à Rome par le cardinal allemand Josef Ratzinger.

AFP

Le pape Jean Paul II rapproche l’avortement et l’holocauste dans un chapitre de son nouveau livre «Mémoire et identité » présenté mardi à Rome par le cardinal allemand Josef Ratzinger.

Ce rapprochement est fait dans le chapitre 22 intitulé «la démocratie contemporaine » de ce livre de réflexion.

«Un Parlement régulièrement élu a porté Hitler au pouvoir dans l’Allemagne des années 30. Ce même Parlement (...) lui a ouvert la route pour la politique d’invasion de l’Europe, pour l’organisation des camps de concentration et pour la mise en oeuvre de la Solution finale, c’est à dire l’élimination de millions de fils et de filles d’Israël », souligne Jean Paul II.

«Il suffit de rappeler à la mémoire ces seuls événements (...) pour comprendre clairement que la loi établie par l’homme à des limites précises », a-t-il ajouté.

«C’est dans cette perspective que nous devons nous interroger au début d’un nouveau siècle et d’un nouveau millénaire sur certains choix législatifs décidés dans les parlements des régimes démocratiques actuels », poursuit-il.

«Ce qui vient immédiatement à l’esprit, ce sont les législations sur l’avortement », soutient-il.

«Quand un Parlement autorise l’interruption de la grossesse, consentant la suppression d’une naissance, il commet un grave abus contre un être humain, qui plus est innocent et privé de toute possibilité de se défendre », affirme Jean Paul II.

«Les parlementaires qui autorisent et promulguent de telles lois doivent être conscients d’outrepasser leurs compétences et de se mettre en conflit ouvert avec la loi de Dieu et la loi de la nature », conclut-il.

Jean Paul II a déjà comparé l’avortement au génocide nazi lors d’un voyage en Pologne en juin 1991.

Après avoir dénoncé à Radom la mort de millions d’innocents dans les camps nazis, le pape avait déclaré que «le cimetière des victimes de la cruauté de notre siècle s’est étendu pour inclure encore un nouveau et vaste cimetière, celui de l’enfant non-né, des sans défenses dont les mères n’ont même pas vu le visage avant d’accepter ou d’être poussées à accepter que leurs vies soient ôtées avant leur naissance ».

Et Jean Paul II avait accusé «les autorités séculières, tous ces groupes et corps législatifs qui ôtent légalement la vie à un être humain non encore né ».

«Quel Parlement a le droit de légaliser le meurtre d’un être humain innocent et sans défense », avait-il tonné.