Le cardinal Bertone, nouveau «Premier ministre»

La Libre Belgique» l'avait déjà laissé entendre il y a quinze jours: c'est bel et bien l'archevêque de Gênes, le cardinal Tarcisio Bertone qui succédera au cardinal Angelo Sodano comme Secrétaire d'Etat, en fait, le «premier ministre» du gouvernement du Vatican.

Le cardinal Bertone, nouveau «Premier ministre»
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CHRISTIAN LAPORTE

ÉCLAIRAGE

La Libre Belgique» l'avait déjà laissé entendre il y a quinze jours: c'est bel et bien l'archevêque de Gênes, le cardinal Tarcisio Bertone qui succédera au cardinal Angelo Sodano comme Secrétaire d'Etat, en fait, le «premier ministre» du gouvernement du Vatican. Un choix qui confirme qu'après s'être installé en douceur dans sa nouvelle fonction, le pape Benoît XVI s'apprête, dans les prochaines semaines, à passer à la vitesse supérieure dans la désignation de ses collaborateurs plus proches.

Non point parce que l'équipe en place sous Jean-Paul II aurait démérité mais à la place Saint-Pierre aussi, le choix d'un nouveau chef, ici plus spirituel que d'Etat, s'accompagne aussi d'un renouvellement des cadres de l'entourage proche. L'on sait que devant parer au plus pressé, le cardinal Levada avait été porté à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi mais les autres changements demeurèrent en veilleuse. A noter que le cardinal Angelo Sodano ne cédera son poste que le 15 septembre. Une date choisie pour procéder à un autre changement: le cardinal américain Edmund Casimir Szoka, 79 ans, quittera en effet le gouvernorat de la Cité du Vatican où il sera remplacé par Mgr Giovanni Lajolo, 71 ans, actuel ministre des Affaires étrangères du Saint-Siège. Il faudra donc aussi trouver un successeur à ce dernier qui aura finalement occupé son poste - c'est plutôt rare - pendant moins de trois ans. Jeudi, il se susurrait au Vatican que Mgr Fortunato Baldelli, actuel nonce apostolique à Paris tient la corde. Parmi les autres changements attendus, il y aura aussi celui d'un des personnages les plus médiatiques de l'Eglise: celui du porte-parole. En l'occurrence, Joaquin Navarro-Valls qui a récemment exprimé son désir de partir après 21 ans de bons et loyaux services. Une personnalité forte dont on rappelait sans cesse l'appartenance à l'Opus Dei mais qui, il faut bien le dire, oeuvra surtout pour l'ensemble des «chapelles» de l'institution. Lui aussi sera à jamais identifié à Jean-Paul II dont il accompagna le pontificat.Bref, l'équipe mise en place par Jean-Paul II s'efface au profit des hommes de Benoît XVI qui n'entend pas se laisser imposer de choix et prend encore tout son temps.Le choix du cardinal Bertone n'étonne guère à l'ombre de la basilique Saint-Pierre: Benoît XVI connaît parfaitement l'archevêque de Gênes qui fut de 1995 à 2002 son secrétaire à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Contre le «Da Vinci Code»

En ces temps de Mondial, on rappelle volontiers que le futur Secrétaire d'Etat n'est pas porté uniquement sur la rigueur des dogmes mais est aussi un passionné de football extraverti. Un prélat qui ne passe pas pour garder sa langue dans sa poche. Son franc parler l'est sans doute parfois un peu trop. C'est lui qui en mars 2005, alors que Jean-Paul II vivait ses dernières semaines terrestres, était parti résolument en guerre contre le «Da Vinci Code» qu'il qualifia de «tissu de mensonges de mauvais goût». de quoi rameuter la presse dans sa bonne ville de Gênes.

L'effet espéré ne se produisit pas; au contraire, le roman de Dan Brown serait resté inconnu d'une bonne frange de l'opinion. Dans ses nouvelles fonctions, il devra, pour le moins, se montrer un peu plus réservé et, surtout, plus diplomate.

© La Libre Belgique 2006