L’enquête s’attaque aux droits télévisés et au marché des joueurs

L’enquête menée en Italie sur «le plus grand scandale de l’histoire du Calcio » va aborder la semaine prochaine les aspects économiques du football, notamment les droits télévisés et le marché des joueurs, a annoncé samedi Francesco Saverio Borelli, chargé du dossier.

L’enquête s’attaque aux droits télévisés et au marché des joueurs
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AFP

L’enquête menée en Italie sur «le plus grand scandale de l’histoire du Calcio » va aborder la semaine prochaine les aspects économiques du football, notamment les droits télévisés et le marché des joueurs, a annoncé samedi Francesco Saverio Borelli, chargé du dossier.

«Il y a encore du travail à faire et il concerne les aspects économiques du Calcio, à commencer par les droits télévisés et les immenses intérêts qu’ils drainent », a annoncé ce magistrat à la retraite, mandaté par les autorités du football italien pour mener des investigations sur le scandale des matches truqués.

«Le réseau trouve son origine et son explication dans un contexte bien plus vaste et l’attention doit se porter sur la répartition des droits télévisés, les procédures d’inscriptions pour le championnat et le marché des joueurs », a détaillé Borelli dans un rapport de 193 pages remis au procureur de la commission de discipline de la fédération italienne de football (FIGC), Stefano Palazzi.

Le premier volet de son enquête, concernant les matches truqués, s’est conclu jeudi soir avec le renvoi devant la justice sportive de quatre grands clubs de la péninsule - Juventus Turin, AC Milan, Fiorentina et Lazio Rome -, de leurs dirigeants, tous limogés depuis, et de plusieurs arbitres, accusés de «fraude sportive » et «d’infraction à l’équité et à la probité ».

«Absolue domination »

Borelli, célèbre pour avoir instruit l’opération «main propre » sur la corruption dans le monde politique dans les années 90, est très sévère dans le rapport dont la presse italienne publie samedi les points forts.

Il dénonce «la position d’absolue domination exercée par la Juventus sur tout le monde du Calcio » et accuse l’ancien directeur général Luciano Moggi et l’ancien administrateur délégué du club de Turin Antonio Giraudo d’avoir mis en place un «système qui a influencé le déroulement du championnat lors de la saison 2004-2005, mais dont la naissance remonte à bien des années ».

Luciano Moggi est accusé d’avoir influencé les dirigeants de la FIGC afin d’obtenir la désignation d’arbitres favorables pour les rencontres disputées par la Juventus.

Francesco Saverio Borelli déplore les fuites d’informations dans la presse sur les enquêtes judiciaires en cours qui ont permis aux personnes poursuivis de «préparer leur défense ».

Car la justice italienne est également saisie du dossier. Quatre parquets --Rome, Turin, Naples et Parme-- enquêtent sur ce scandale et Luciano Moggi a été mis en examen à Rome, Naples et Turin.

«La stratégie suivie est de charger quelques personnes et de minimiser leur rôle », écrit l’ancien magistrat. «Tout cela confirme l’existence d’un accord », accuse-t-il.

Spéculations

«Le système a été conçu par Moggi et la Juventus en a été le principal bénéficiaire (...) mais il a impliqué d’autres équipes et c’est dans ce contexte que sont mis en cause la Fiorentina et la Lazio », souligne-t-il.

«Parallèlement, le Milan AC a adopté des mesures propres pour obtenir des faveurs des arbitres », a-t-il ajouté.

«Il s’agit du plus grand scandale de l’histoire du Calcio », affirme-t-il.

«Son ampleur, le nombre de clubs et de personnes impliquées, la multiplicité des filons d’enquêtes ne permettent pas de considérer l’enquête comme terminée », a-t-il averti.

Le procès devant la justice sportive devrait commencer le 27 ou le 28 juin à Rome.

Selon le calendrier fixé par la FIGC, le jugement en première instance sera rendu entre le 7 et le 9 juillet, soit le jour de la finale de la Coupe du monde en Allemagne. En cas d’appel, les sentences définitives devraient être connues avant le 20 juillet.

Le spectre de la rétrogradation et de l’impossibilité de disputer les rencontres très lucratives de la Ligue des champions et de la coupe de l’UEFA plane sur les quatre équipes. Et déjà les spéculations vont bon train sur les départs des joueurs et entraîneurs des quatre formations si ces sanctions étaient confirmées.