Le Premier ministre se retire pour désamorcer la crise

Le Premier ministre du Timor oriental, Mari Alkatiri, a finalement annoncé lundi sa démission afin de ne pas envenimer la situation explosive dans le petit pays. Des centaines d’habitants ont salué dans la joie cette nouvelle, en espérant un retour rapide à la normale après des semaines de tension dans la rue et de crise au sommet des institutions de la jeune nation, située aux confins de l’Asie du Sud-Est.

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Le Premier ministre se retire pour désamorcer la crise
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Le Premier ministre du Timor oriental, Mari Alkatiri, a finalement annoncé lundi sa démission afin de ne pas envenimer la situation explosive dans le petit pays. Des centaines d’habitants ont salué dans la joie cette nouvelle, en espérant un retour rapide à la normale après des semaines de tension dans la rue et de crise au sommet des institutions de la jeune nation, située aux confins de l’Asie du Sud-Est.

«Je suis prêt à démissionner de mon poste de Premier ministre », a déclaré le chef du gouvernement très controversé, engagé dans un bras de fer avec le président Xanana Gusmao.

Plus tard, la présidence a confirmé avoir reçu la lettre de démission du chef de gouvernement, celle-ci devenant effective dès ce lundi.

M. Alkatiri a ajouté qu’il se résignait à quitter le pouvoir «afin d’éviter la démission de son excellence le président de la République ».

Le chef de l’Etat charismatique Xanana Gusmao, ancien guérillero indépendantiste, avait mis jeudi dans la balance sa propre démission s’il n’obtenait pas celle de son Premier ministre.

«Assumant ma propre part de responsabilité dans la situation actuelle au Timor oriental, je suis déterminé à ne pas contribuer à envenimer la crise », a poursuivi M. Alkatiri.

Il s’est dit ouvert à un dialogue en vue de la formation, si nécessaire, d’un gouvernement intérimaire pour diriger le pays d’un million d’habitants, le plus pauvre d’Asie.

Le ministre des Affaires étrangères démissionnaire, José Ramos-Horta, n’a pas exclu la possibilité d’assumer à la place de M. Alkatiri la tâche de diriger le gouvernement.

«Je le ferai si je suis convaincu que je suis la seule personne sur laquelle tout le monde s’accorde », a dit le prix Nobel de la paix. Le Timor oriental s’était enfoncé dimanche dans une crise politique grave, le parti au pouvoir, le Fretilin, infligeant un camouflet au président Gusmao en décidant de maintenir en poste M. Alkatiri.

Cette décision avait immédiatement entraîné la démission de deux ministres dont José Ramos-Horta et Ovidio de Jesus Amaral, ministre des Transports, ainsi que d’un vice ministre de la Santé.

Cela avait aussi ravivé la tension, deux camps opposés se dessinant clairement dans la jeune nation déstabilisée par des divisions ethniques.

Des observateurs avaient indiqué redouter une détérioration allant jusqu’à une guerre civile.

La démission de M. Alkatiri est donc intervenue alors que l’inquiétude avait atteint un niveau particulièrement élevé.

Les Nations unies ont appelé lundi les partisans de Xanana Gusmao et ceux de Mari Alkatiri à se tenir écartés les uns des autres afin d’éviter des violences.

L’Australie a de son côté confié craindre une nouvelle vague de violences, après celles de fin mai qui ont forcé l’intervention de quelque 1.200 soldats étrangers.

Le retrait de M. Alkatiri ne signifie pas pour lui la fin des soucis. Il est en effet accusé d’avoir donné l’ordre d’armer des civils afin de tuer certains de ses opposants. En apprenant ces allégations, le président Gusmao avait annoncé avoir perdu «confiance » en son Premier ministre.

La désignation d’un nouveau Premier ministre risque par ailleurs d’être compliquée. En théorie il doit être choisi par le comité central du Fretilin, le parti d’inspiration marxiste dont M. Alkatiri reste le secrétaire général.

Un conseil des ministres présidé par Xanana Gusmao était prévu mardi matin.