Les roquettes tuent plusieurs fois

Les Israéliens ont payé un lourd tribut à la guerre au Hezbollah, jeudi: les tirs de roquettes du mouvement libanais pro-iranien, plus d'une centaine, notamment, sur les villes de Saint-Jean d'Acre et de Maalot, ont fait sept morts, portant à 27 le nombre d'Israéliens morts sous l'effet de ces projectiles depuis le 12 juillet.

Gérald Papy

Les Israéliens ont payé un lourd tribut à la guerre au Hezbollah, jeudi: les tirs de roquettes du mouvement libanais pro-iranien, plus d'une centaine, notamment, sur les villes de Saint-Jean d'Acre et de Maalot, ont fait sept morts, portant à 27 le nombre d'Israéliens morts sous l'effet de ces projectiles depuis le 12 juillet. Dans les combats, sur le terrain, qui se sont poursuivis au Sud-Liban, trois soldats israéliens ont en outre été tués et une quinzaine d'autres ont été blessés. Dans la soirée, des tracts ont été lancés par l'aviation israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, la capitale libanaise, exhortant la population à fuir. Un message évidemment annonciateur de bombardements.

Dans le même temps, les tractations dans les coulisses du Conseil de sécurité des Nations unies ne semblaient pas enregistrer des progrès marquants. Si le Premier ministre britannique Tony Blair se disait optimiste en pronostiquant l'adoption d'une résolution appelant à une «cessation des hostilités» dans les prochains jours, l'ambassadeur de France à l'Onu, Jean-Marc de La Sablière, a estimé que la journée de mercredi (heure des Etats-Unis) s'était terminée sur une note «moins optimiste» que quelques heures auparavant.

Paris a fait circuler un projet de résolution légèrement amendé par rapport au texte initial. La nouvelle mouture appelle «au strict respect par les deux parties de la Ligne bleue», qui marque la frontière entre Israël et le Liban, demande «qu'Israël communique aux Nations unies les cartes en sa possession des mines déposées en territoire libanais», et réclame des belligérants «la pleine application des termes de l'accord d'armistice israélo-libanais du 23 mars 1949 ».

A vrai dire, au plan diplomatique, le débat s'est plus focalisé, jeudi, sur la nécessité d'impliquer l'Iran et la Syrie dans une éventuelle négociation élargie. Une hypothèse d'autant plus sensible que ces deux pays soutiennent le Hezbollah et l'aident militairement à des degrés divers.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, ancien envoyé spécial de l'Union européenne au Proche-Orient, a rencontré le président syrien Bachar al Assad et en a retenu la conviction que Damas était prête à jouer un rôle positif dans la recherche d'une solution au conflit. Des observateurs français estiment que cette démarche est un véritable camouflet pour le président Jacques Chirac, qui, depuis l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, a frappé d'interdit tout contact avec le Président syrien.

Pourtant, la France ne se prive pas d'essayer de remettre en selle l'Iran, qui est sans doute plus impliqué que la Syrie dans l'armement du Hezbollah. Son ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy a rencontré son homologue iranien. Auparavant, il avait fait, de façon particulièrement malvenue, l'éloge du «rôle stabilisateur» de l'Iran avant de corriger ses propos.

Une faute, indubitablement. Jeudi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, à l'occasion d'une réunion de l'Organisation de la conférence islamique qui a appelé à un cessez-le-feu immédiat, a répété son antienne scandaleuse sur l'élimination d'Israël. Il s'est en revanche montré plus optimiste sur une sortie de crise dans le dossier du programme nucléaire iranien.

© La Libre Belgique 2006

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