Plus de 50 morts dans les attentats de dimanche à Bagdad

La colère gronde à Bagdad où plus de cinquante personnes ont été tuées et 200 blessées dimanche lors d'une série d'attentats dans un quartier mixte chiite-sunnite, malgré des mesures de sécurité renforcées. Le premier bilan fait état de 57 morts mais il risque de s'alourdir, pompiers et secours continuant à dégager des corps des ruines des deux immeubles effondrés.

Plus de 50 morts dans les attentats de dimanche à Bagdad
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AFP

La colère gronde à Bagdad où plus de cinquante personnes ont été tuées et 200 blessées dimanche lors d'une série d'attentats dans un quartier mixte chiite-sunnite, malgré des mesures de sécurité renforcées.

Le premier bilan fait état de 57 morts mais il risque de s'alourdir, pompiers et secours continuant à dégager des corps des ruines des deux immeubles effondrés.

"Les terroristes ont planifié ces horribles crimes pour tuer le plus d'innocents possible. C'est la preuve de leur haine pour l'Irak et une tentative pour inciter à la division et attiser les violences confessionnelles entre les Irakiens", a affirmé lundi le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki.

"Nous condamnons fermement la série d'attaques des terroristes takfiri (extrémistes sunnites) qui ont tué des douzaines de personnes. Les forces de sécurité vont pourchasser ces assassins et les traduire en justice", a affirmé M. Maliki, qui est chiite.

L'enquête s'oriente en effet vers un attentat visant des chiites car si le quartier est mixte la zone touchée est largement chiite.

De plus, les auteurs des attentats ont tiré roquettes et mortiers tout en utilisant une voiture et une moto piégées et des engins artisanaux. Cette méthode rappelle celle utlisée lors de l'attentat de Karrada où une trentaine de personnes avait été tuées le 26 juillet. Une voiture piégée avait alors été utilisée en même temps que des tirs de roquettes ou de mortier. L'attentat de dimanche est le plus sanglant commis à Bagdad depuis le 1er juillet lorsqu'un camion piégé avait fait 66 morts à Sadr City, le quartier radical chiite de Bagdad.

Dimanche soir, il y a eu cinq ou six explosions, selon le ministère de la défense qui cite des témoins.

Un tir de roquette, suivi cinq minutes plus tard de l'explosion d'une voiture piégée, a eu lieu vers 19h00 (15h00 GMT) près du marché Ali al-Koubaïssi provoquant l'effrondrement d'un immeuble de quatre étages.

Environ une heure plus tard, l'explosion d'un engin artisanal, suivie d'un attentat suicide à la moto piégée, a fait s'écrouler un immeuble non loin du lieu de la première explosion. Un engin artisanal a également explosé dans le même quartier au passage d'une patrouille de police qui se rendait sur les lieux du premier attentat, blessant trois policiers.

"Des enfants, des femmes, des familles entières ont été tuées", a affirmé un responsable de la sécurité au ministère de l'Intérieur.

Ces attentats surviennent alors que forces américaines et irakiennes ont lancé "la phase deux" du plan "En avant ensemble" destiné à faire cesser les violences dans la capitale. Lancé mi-juin, le plan est pour l'instant un échec les violences s'étant multipliées.

Lundi, ce sont deux personnes qui ont été tuées et quatre blessées dans le centre de Bagdad.

Les armées américaine et irakienne ont augmenté de manière sensible le nombre de soldats présents sur le terrain. Les Américains ont ainsi déployé 5000 hommes supplémentaires dans la capitale irakienne, désormais considérée comme "la priorité".

La stratégie irako-américaine consiste à isoler et sécuriser des quartiers entiers et ensuite d'étendre ces zones sécurisées au reste de la ville. Le plan détaillé est tenu secret.