Une favorite, deux outsiders

Il n'y eut donc ni surprise, ni candidat de dernière minute. A 15 heures mardi, la direction du Parti socialiste a clos la procédure d'enregistrement des candidats à l'investiture de ce parti pour les élections présidentielles de 2007.

BERNARD DELATTRE CORRESPONDANT PERMANENT A PARIS

Il n'y eut donc ni surprise, ni candidat de dernière minute. A 15 heures mardi, la direction du Parti socialiste a clos la procédure d'enregistrement des candidats à l'investiture de ce parti pour les élections présidentielles de 2007. Finalement, trois personnalités sont en lice : Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Les adhérents désigneront leur candidat courant novembre.

Comme on s'y attendait, Jack Lang a jeté l'éponge, invoquant son souci de "ne pas ajouter la division à la division". C'est la troisième fois qu'il renonce dans la dernière ligne droite d'une campagne pour l'investiture, après les élections présidentielles de 1995 (il avait laissé Henri Emmanuelli et Lionel Jospin s'affronter) et les municipales de 2001 à Paris (il avait renoncé à se présenter contre Bertrand Delanoë). Manquant de véritables réseaux au sein du parti, Jack Lang n'était pas parvenu à récolter les trente signatures de parrainage de hiérarques du PS exigées de tout candidat. Il était même contesté dans sa propre fédération du Pas-de-Calais. Ces derniers mois, son atout majeur (une grande popularité chez les jeunes et dans les milieux populaires) avait été phagocyté par l'irrésistible ascension de Ségolène Royal.

Pas plus que Lionel Jospin la semaine dernière, Jack Lang n'a dit soutenir d'emblée un des trois présidentiables. Autant il est clair que l'ex-Premier ministre ne votera pas pour la présidente de la région Poitou-Charentes, autant les intentions de l'ancien ministre de la Culture sont moins certaines. Historiquement, Jack Lang, en bon mitterrandien, est un fidèle de Laurent Fabius. Mais il s'est tant brouillé avec ce dernier au référendum européen de 2005 que leur rabibochage paraîtrait très baroque. On ne lui connaît ni affinités, ni détestations particulières envers Dominique Strauss-Kahn. La logique, sans parler de son plan de carrière, voudrait en fait qu'après avoir fait un peu durer le suspense, ne fût-ce que pour garder un certain écho médiatique, il rejoigne Ségolène Royal.

Une course n'est pas l'autre

Celle-ci fait donc plus que jamais figure de favorite. Elle est la reine des sondages mais aussi - l'un commandant l'autre - la championne au PS. Elle y est soutenue par 43 fédérations (21 pour Strauss-Kahn et 18 pour Fabius), 80 parlementaires (63 pour Fabius et 48 pour Strauss-Kahn) et 8 présidents de région (6 pour Fabius et 2 pour Strauss-Kahn). Elle jouit aussi de l'appui de la haute direction du Parti. Même son conjoint de premier secrétaire, François Hollande, ne prend plus la peine de cacher ses préférences. "Une candidature s'est incontestablement installée", a-t-il remarqué mardi.

Mais son statut de favorite la transformera aussi en première cible des assauts pendant ces sept semaines de campagne. Et, si l'intéressée s'impose effectivement, tous les sondages indiquent que la course à l'Elysée lui sera moins aisée que celle à l'investiture.

© La Libre Belgique 2006