Rafael Correa vainqueur avec plus de 60 % ?

Après dépouillement de la moitié des bulletins de vote du second tour de la présidentielle en Equateur, le candidat social-démocrate - "humaniste, chrétien et de gauche", dit-il de lui-même - Rafael Correa était crédité de 68 pc des voix, lundi. Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant mardi ou mercredi.

Rafael Correa vainqueur avec plus de 60 % ?
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M.F.C.

Après dépouillement de la moitié des bulletins de vote du second tour de la présidentielle en Equateur, le candidat social-démocrate - "humaniste, chrétien et de gauche", dit-il de lui-même - Rafael Correa était crédité de 68 pc des voix, lundi. Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant mardi ou mercredi.

Rafael Correa, 43 ans, est marié à une Belge, Anne Malherbe, dont il a trois enfants, âgés de 4 à 12 ans. Ils se sont connus à Louvain-la-Neuve, quand l'Equatorien y faisait un troisième cycle en économie; ils se sont mariés en 1992.

De retour en Equateur, M. Correa a été professeur d'économie à l'université San Francisco de Quito, avant de faire un doctorat à l'université Urbana Champaign d'Illinois, aux Etats-Unis.

De retour au pays, l'économiste s'est lancé dans la politique; l'an dernier, il avait été durant 106 jours le ministre de l'Economie du Président sortant, Alfredo Palacio.

Huit Présidents

L'Equateur a connu huit chefs d'Etat en dix ans. Trois d'entre eux ont été chassés par des manifestations de rue.

A l'annonce des projections lui octroyant la victoire, Rafael Correa a annoncé son intention de travailler à la réintégration de son pays dans l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), quittée en 1993. Il veut aussi une révision des contrats pétroliers qui, assure-t-il, sur cinq barils d'or noir ne nous en laissent qu'un seul, les quatre autres allant aux multinationales.

M. Correa veut en outre renégocier la dette extérieure, qui s'élève à 11 milliards de dollars. Il entend réduire les relations avec les institutions de Bretton Woods : "Cela suffit. Moins nous aurons de relations avec cette bureaucratie internationale incompétente et indolente, mieux nous serons".

Sur le plan social, il est favorable à un gouvernement qui garantisse le droit à l'éducation, à la santé et au logement, dans un pays où l'extrême pauvreté est évaluée à environ un quart de la population. Il a annoncé un impôt sur les capitaux spéculatifs.

Situé clairement à gauche, il souligne cependant qu'il n'est pas "une nouvelle version de Chavez ou de Fidel Castro", le Cubain. Il entretient néanmoins de bonnes relations avec Caracas et espère bénéficier de la politique active de solidarité de Hugo Chavez "sans compromettre la souveraineté" du pays.

Généralement, a-t-il annoncé, son gouvernement recherchera "des unions avec d'autres pays pour affronter les pouvoirs hégémoniques du monde" et en premier lieu les Etats-Unis avec qui il refuse de signer un traité de libre-échange - "qui serait néfaste à notre agriculture et à notre élevage", estime-t-il - et dont il veut voir la présence militaire en Équateur réduite.

Les partisans de M. Correa ont fêté dimanche soir la "victoire du peuple" dans les rues de Quito, se félicitant notamment de l'arrivée à la tête du pays d'un homme qui a pris la peine d'apprendre le quechua (langue indienne des paysans andins), qui a fait du travail volontaire dans des villages indiens et qui connaît donc les problèmes des plus pauvres.

Prof de gym

Alvaro Noboa, rival vraisemblablement malheureux de M. Correa, attend les résultats finaux pour se prononcer. Homme le plus riche du pays, patron de 120 entreprises et plus gros planteur de bananes d'Equateur (premier producteur mondial), il avait d'abord refusé sa défaite, dimanche soir.

Professeur de gym au lycée français de Quito, Mme Correa a exprimé l'intention de poursuivre son travail et de vivre dans sa maison malgré la victoire annoncée de son mari.

(avec AFP, Reuters, AP)

© La Libre Belgique 2006