Roumains et Bulgares rejoignent l'Union

L'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'UE ce lundi n'aura pas d'impact immédiat sur la vie des gens, mais responsables politiques et analystes prédisent qu'à moyen terme les bénéfices seront palpables aussi bien au niveau économique que social.

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L'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'UE ce lundi n'aura pas d'impact immédiat sur la vie des gens, mais responsables politiques et analystes prédisent qu'à moyen terme les bénéfices seront palpables aussi bien au niveau économique que social.

"L'intégration aura un impact positif évident, même s'il ne sera pas immédiatement mesurable", a déclaré M. Niculae Idu, directeur de l'Institut européen de Roumanie. "Avant tout, l'entrée dans l'UE sera une garantie de la poursuite de l'évolution du pays en termes de démocratie et d'économie de marché", souligne-t-il.

Pour l'analyste politique bulgare Ivan Krastev, la Bulgarie, qui a connu une forte croissance ces dernières années, "n'a aucune raison de craindre que cette tendance change. Déjà les deux tiers des exportations du pays vont vers l'UE, l'économie bulgare a toutes les chances de bien s'intégrer", estime-t-il.

Les deux pays bénéficieront en outre de fonds communautaires importants --35 milliards d'euros au total, sans compter les aides agricoles--, ce qui leur permettra de moderniser leurs infrastructures, "une chance qu'il ne faut pas gaspiller", selon Stoyan Stalev, président de l'agence Invest Bulgaria.

Responsable de l'une des principales confédérations syndicales de Roumanie, le BNS, Dumitru Costin est lui aussi optimiste quant aux effets de l'entrée dans l'UE.

"Sur le plan économique, je m'attends à l'instauration d'une concurrence réelle entre les entreprises, ce qui mettra plus de pressions sur les compagnies, mal gérées pour la plupart, qui ont pu survivre uniquement grâce aux salaires de misère qu'elles payent à leurs employés", estime M. Costin.

Mais les analystes mettent en garde contre de vains espoirs d'une hausse immédiate des salaires, qui s'élèvent dans les deux pays entre 200 et 230 euros par mois en moyenne. "Une partie des entreprises achetées pour des cacahuètes vont devoir fermer leurs portes, ce qui, malgré les suppressions d'emplois, est une bonne chose, car cela permettra d'assainir l'économie", ajoute M. Costin.

Si Bucarest et Sofia veulent que les fruits de l'intégration profitent à tous, les autorités devront renforcer les mesures de protection sociale pour les catégories les plus défavorisées, notamment les retraités, mais aussi la communauté tzigane ou rom (8 à 10% de la population dans les deux pays) et les adultes âgés de plus de 50 ans "qui risquent d'être le plus touchés par le chômage de longue durée", avertit le syndicaliste.

Les deux pays devront en outre se concentrer sur la protection de l'environnement, en consacrant davantage de fonds pour réduire la pollution industrielle et fermer les grands pollueurs, mais "ces efforts s'étaleront sur plusieurs années et ne devraient pas se traduire par un ralentissement de la croissance", estime l'analyste politique Sorin Ionita de la Société académique roumaine (SAR).

"Pendant un ou deux ans, la Roumanie traversera les douleurs de l'adaptation, mais ensuite cela ira mieux", prédit-il. Une opinion que partage son confrère bulgare Tsvetozar Tomov, selon qui "la période d'adaptation sera difficile et risque de décourager nombre de gens".

Mais pour l'éditorialiste du quotidien bucarestois Gandul, Bogdan Chireac, après avoir supporté 17 ans de transition du régime communiste à l'UE, les deux peuples peuvent enfin respirer, "le plus dur est passé".

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